Gares SNCF : pour la démocratie, stoppons le monopole des Relay de Bolloré !

Depuis le rachat des boutiques Relay par Vincent Bolloré en 2022, nos gares sont devenues les vitrines de l’extrême droite et du climato-négationnisme.

La concentration de canaux de presse et de librairie entre les mains d’un milliardaire menace le pluralisme et la démocratie, dans un espace public financé par nos impôts et fréquenté par des millions de personnes chaque jour.

Nous demandons à Jean Castex, président de la SNCF, de mettre fin à ce monopole et d’ouvrir nos gares à des commerçant⋅es indépendant⋅es garantissant une presse plurielle.

« Monsieur Jean Castex, PDG de la SNCF, 

Comment est-il possible que des livres et magazines diffusant haine et mensonge soient mis en avant dans l’espace public ? 
Comment se fait-il qu’un milliardaire, dont le but avoué est de mener un “combat civilisationnel” pour promouvoir une idéologie d’extrême droite, puisse s’approprier la totalité de la diffusion de la presse dans les gares ?
Comment la SNCF, une entreprise à mission de service public, peut-elle laisser faire cela ?

En 2022, le milliardaire Vincent Bolloré a mis la main sur les boutiques Relay. Depuis, nos gares sont devenues les vitrines des idées d’extrême droite et de la désinformation climatique, comme le montre l’enquête sortie ce mardi 30 juin dans l’Observatoire des multinationales. 

En allant prendre notre train, nous constatons combien ces espaces de vente sont devenus les fers de lance d’une idéologie réactionnaire. Des ouvrages racistes, xénophobes, homophobes, misogynes et climato-négationnistes sont omniprésents et mis en avant dans les boutiques du réseau Relay, y compris quand leurs performances commerciales sont médiocres. 

Pire encore, la censure a déjà commencé : en juin 2026, Relay a annulé une commande déjà lancée d’un livre-enquête sur Bernard Arnault. Le pouvoir démesuré des milliardaires se traduit ainsi en recul de la pluralité et de la liberté critique, pourtant indispensables en démocratie.

Vincent Bolloré ne cache plus son agenda politique : celui de mener un “combat civilisationnel” afin d’instaurer en France un régime politique d’extrême droite autoritaire. Aucun pouvoir public ne devrait faciliter ce projet anti-démocratique. Or c’est exactement ce que fait la direction de la SNCF, en confiant l’exclusivité de la distribution de la presse et de la librairie à Relay.

Comme le montre l’enquête réalisée par l’Observatoire des multinationales, les Relay sont devenus un maillon de la bataille idéologique et culturelle menée par Vincent Bolloré. À coup de rachats successifs, Vincent Bolloré a en effet réussi à concentrer entre ses mains toute la chaîne d’édition, de publicité et de diffusion pour imposer ses idées dans l’espace public, en particulier dans nos gares, avec la complaisance de la SNCF donc. 

Monsieur Castex, il est temps de mettre fin à cette mécanique toxique. En tant que président de la SNCF, un établissement public qui place le progrès social et la transition écologique au cœur de ses priorités, vous avez le pouvoir d’agir, vous avez le devoir d’agir. 

Les gares SNCF font partie de notre bien commun et sont le lieu de travail de milliers de cheminotes et cheminots, financé par les impôts des citoyennes et citoyens. Cet espace ne peut pas être mis au service d’une idéologie particulière, d’autant plus quand celle-ci promeut mensonge, haine et désinformation sur le climat, sur le genre, sur les droits des minorités. Il en va de la survie de notre démocratie, du respect du débat politique. 

Cela pourrait être autrement. Au lieu de laisser l’espace public au profit d’un milliardaire servant une idéologie violente et dangereuse, on pourrait permettre à des commerçant⋅es locaux et indépendants de proposer des alternatives sérieuses et plurielles, qui soutiennent réellement la presse et le monde de l’édition, avec des salarié⋅es justement rémunéré⋅es.


Nous demandons que la SNCF mette fin au monopole de Relay pour libérer nos gares de l’influence de Vincent Bolloré. La SNCF doit garantir ainsi un espace public impartial, pluraliste et en accord avec ses valeurs.
«