La passation des pouvoirs au ministère du Travail en janvier a été l’occasion d’une « plaisanterie« , du type de celles qu’affectionne Jean-Marie Le Pen, proférée par Brice Hortefeux à l’encontre de Fadela Amara. La presse a rapporté ses propos où il déclare finement que Fadela Amara : « c’est une compatriote … comme ce n’est pas forcément évident, je le précise ». Voilà donc l’ex-ministre de l’identité nationale sous-entendant grossièrement qu’avec un nom comme cela … on ne peut pas évidemment être française, fut-on ministre … Un clin d’oeil appuyé aux racistes de tout poil certainement, mais pas seulement … Car enfin, l’immigré ou le français portant un nom ou un prénom à consonance arabe qui ont entendu ces phrases hallucinantes, que peuvent-ils en déduire ? Si une ministre est ainsi montrée du doigt, qu’en sera-t-il pour le jeune interpellé dans le métro, l’ouvrier arrêté à la fin d’une manifestation … ? La politique du ministère de l’identité nationale ne se résume pas aux chiffres de reconduite à la frontière, c’est aussi le ministère de la peur : une peur qui a pour objectif de paralyser les immigrés et tous ceux qui ne sont pas « français de souche » et qui, pour ce pouvoir, depuis la révolte des jeunes des banlieues, ne sont que des ennemis de l’intérieur.
Face à la déclaration honteuse d’Hortefeux, quelle fut la réaction de Fadela Amara ? Elle fut fidèle à sa ligne de conduite : tout cautionner et tout couvrir. Elle qui avait déjà approuvé à plusieurs reprises sa politique, elle en rajouta même à cette occasion en offrant sur un plateau une excuse au nouveau Ministre du Travail : il fallait comprendre par « compatriote » le fait qu’ils étaient tous deux originaires de … Clermont-Ferrand ! De qui se moque-t-elle ? Jusqu’où ira la traîtrise assumée aux combats qu’elle a menés dans le passé ?
Sur ce terrain la compétition avec M. Besson va être rude ; le remplaçant d’Hortefeux vient de commettre une circulaire qui récompense la délation entre immigrés … Aux dernières nouvelles, Mme Amara a émis des réserves : » la délation m’a toujours gêné même si elle peut servir une bonne cause … j’attends de voir «
Les immigrés et les jeunes issus de l’immigration n’attendent plus, ils ont vu et vivent tous les jours cette politique de répression et d’exclusion. Le crédit des Besson et Amara va s’épuiser, et d’ici quelque temps, ils ne seront même plus utiles à Sarkozy et à son ami Hortefeux : ils devront alors quitter les lambris dorés des ministères et abandonner ces parcelles de pouvoir qui leur donnent l’impression d’exister.. En tout état de cause, ils ont déjà perdu l’essentiel : toute dignité.