Le 17 avril dernier, des travailleurs migrants ont été blessés par des coups de fusil tirés par un « superviseur » d’une ferme produisant des fraises. Motif ? Ils réclamaient leurs salaires, impayés depuis 6 mois pour certains.
En France, deux organisations syndicales, la Confédération Paysanne et l’Union syndicale Solidaires ont exprimé depuis leur indignation et leur solidarité. (voir ci-dessous)
Les réactions sur les réseaux sociaux ont été très vives
Un tel événement s’inscrit dans le climat de violence généré par Aube Dorée contre les immigré-es depuis plusieurs années : les images insoutenables du photographe Giorgos Moutafis publiées par Courrier International sont malheureusement on ne peut plus explicites.
Alors que le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe indiquait dans son rapport que l’Etat grec doit agir avec force contre le racisme dans le pays, ces violences semblent rester impunies.
VISA s’associe à la condamnation de ces actes et sera présente lors de l’Alter Sommet à Athènes en juin prochain pour exprimer sa solidarité avec tou-tes les travailleur-ses en Grèce.
COMMUNIQUE DE PRESSE DE SOLIDAIRES le 19 avril 2013
Le patronat agricole fait tirer sur les saisonniers immigrés qui demandent leurs salaires !
Le 17 avril, des travailleurs saisonniers de Manolada dans le Péloponèse (Grèce) se sont faits tirés dessus, à coups de fusil, parce qu’ils demandaient … le paiement de leurs salaires, impayés pour certains depuis 6 mois.
Plusieurs dizaines d’ouvriers sont blessés, certains gravement. Ces travailleurs immigrés sont exploités par le patronat agricole depuis des années ; quand ils « osent » demander les salaires qui leur sont volés depuis des mois, des nervis leur tirent dessus !
Cet acte n’est pas un phénomène isolé ou marginal. Il s’inscrit dans la logique meurtrière du capitalisme qui organise l’écrasement des plus démuni-es. Ouvriers … saisonniers … immigrés … les travailleurs de Manolada sont méprisés par les exploitants exploiteurs ! Au-delà de ce récent épisode, les agressions envers les travailleurs/ses immigré-es sont régulières dans cette région.
Les pouvoirs publics grecs sont aussi responsables de cette situation : la dérive libérale broie la population et installe l’impunité pour ceux qui terrorise les travailleurs/ses. Les institutions européennes qui ne cessent de pousser à plus de rendement, plus de productivité, plus d’exploitation des salarié-es, sont aussi responsables.
C’est sur ce terreau que prolifère l’extrême-droite nazie grecque. La résistance collective est nécessaire et urgente. Notre responsabilité est d’appuyer celles et ceux qui l’organisent.
L’Union syndicale Solidaires exprime sa solidarité avec ces travailleurs de la terre. A quelques jours du 1er mai, l’Union syndicale Solidaires réaffirme que la solidarité et l’internationalisme sont des valeurs et des pratiques essentielles du syndicalisme.
COMMUNIQUE DE PRESSE de la Confédération Paysanne, le 19 avril 2013
Grèce : Le prix du sang pour la fraise de Manolada !
Le 17 avril, c’est la journée internationale des luttes paysannes, en commémoration de l’assassinat de leaders paysans brésiliens en 1996. En 2013, en Grèce, des travailleurs saisonniers dans les champs de fraises qui venaient réclamer leurs paies en retard se sont fait tirer comme des lapins (une quarantaine de blessés dont quatre dans un état grave)… Les contremaîtres à la solde des patrons continuent, en Grèce comme ailleurs, de vouloir imprimer une géographie de la peur et de la sujétion dans les cultures industrielles.
La Confédération paysanne condamne fermement ces actes scandaleux et attend des autorités que tout soit mis en œuvre pour réprimer les auteurs de ces actes, rétablir une situation de droit pour ces saisonniers spoliés et prendre toute mesure destinée a assurer la protection et le respect de la dignité des travailleurs de la terre.
La Confédération paysanne, membre de la Coordination Européenne Via Campesina, assure de son entier soutien les travailleurs de la fraise de Manolada et engage la société civile à soutenir et organiser toute initiative permettant de révéler et éradiquer les pratiques maffieuses de ce type « d’exploitant agricole ».
La Confédération paysanne souligne l’énorme responsabilité des institutions européennes qui jusqu’à aujourd’hui ont toujours favorisé la mise en place de cultures industrielles, visant le coût de production le plus bas, pour un profit maximum des opérateurs commerciaux, dans le cadre de marchés dérégulés. Elle réitère l’impérative nécessité que l’accès aux aides européennes soit conditionné au respect des codes du travail et à l’application de sanctions immédiates dans le cas contraire.
Enfin, la Confédération paysanne confirme son engagement dans le combat pour le respect des droits de tous les travailleurs de la terre, quels que soient leurs statuts, leurs origines, leur genre. C’est la condition sine qua non pour que le principe de souveraineté alimentaire soit enfin écrit dans le droit international et s’impose alors aux tiers.
article lié : http://initiativegrecqueaparis.wordpress.com/2013/04/18/grece-un-supervi…