Sommet de l’Otan à Strasbourg : Une stratégie contraire au débat démocratique.

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Le Mouvement de la Paix lance un appel à témoins pour construire les suites juridiques.

Depuis plusieurs mois, 600 organisations démocratiques du monde entier ont préparé un contre-sommet de l’Otan, avec une importante conférence internationale d’une très grande qualité. Le résultat ultra-militariste du sommet renforce l’urgence de solutions alternatives pour la sécurité de la planète. La manifestation pacifiste du 4 avril n’a pu être menée à son terme.

Le Mouvement de la Paix condamne avec la plus grande fermeté les exactions des groupes minoritaires qui ont perverti le message responsable des organisateurs de cette manifestation destinée à dire « Non à l’Otan – non à la Guerre ». Il exprime toute sa solidarité avec la population strasbourgeoise, 1ère victime de ces exactions et dénonce le choix préfectoral d’un parcours de manifestation dans un des quartiers les plus populaires de la ville. Il remercie les habitants du quartier qui ont tenté de proposer leur médiation en avançant des solutions responsables pour que le cortège puisse contourner en toute sécurité la zone incendiée, propositions refusées par les autorités qui ont préféré maintenir les manifestants dans une souricière, dans laquelle les militants du Mouvement de la Paix ont joué un grand rôle pour contenir des éléments incontrôlables. Il est faux de prétendre que les casseurs étaient en tête de manifestation. Ce sont les militants pacifistes qui contrôlaient la manifestation jusqu’à ce pont de chemin de fer où les forces de l’ordre ont coincé les manifestants, laissant le cortège être infiltré par des casseurs.

Le Mouvement de la Paix s’interroge sur la tenue surprenante de quelques CRS, observée après ces charges inadmissibles, vêtus de jeans, de sweat-shirts sombres et petits sac à dos de toile. Le Mouvement de la Paix se félicite de la dignité, du sérieux et du grand esprit de responsabilité des manifestants pacifistes et pacifiques qui ont eu à gérer les doubles provocations d’éléments violents ultra-minoritaires et de forces de l’ordre imperméables à toutes discussions, formatées à une réductrice vision violente des manifestants.

Le préfet et la ministre de l’Intérieur qui ont volontairement maintenu les manifestants dans un étau qui a mis la vie de milliers de manifestants en danger portent une grande responsabilité. En refusant à des femmes enceintes apeurées de quitter la manifestation, ils se sont rendus, coupables de non assistance à personne en danger.

La plus grave question posée aujourd’hui est « comment respecter et favoriser le débat dans un pays qui se revendique comme une grande démocratie ? ». Il est du devoir d’un gouvernement d’organiser et de permettre la possibilité du débat démocratique. Ce débat a été refusé aux français à propos de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l’Otan. Il aurait pu s’exprimer et s’organiser à Strasbourg. Le gouvernement a fait un autre choix en entretenant un climat de tension et une stratégie provocatrice qui illustre le rôle dévolu à l’Otan. Cette volonté, visible depuis plusieurs semaines, est devenue encore plus évidente depuis le début du contre-sommet :

  • Provocation demandant aux Strasbourgeois de retirer leurs drapeaux pacifistes arc en ciel des fenêtres
  • Provocation d’un parcours inadmissible
  • Provocation permanente au village alternatif, utilisé principalement par des jeunes, notamment par la rotation nocturnes d’hélicoptères munis de puissants projecteurs
  • Conditions inadmissibles imposées aux jeunes du village autogérées, jusque dimanche 5, malgré un respect environnemental du site de leur part
  • Provocations des participants au meeting accueillant des personnalités nationales et internationales, par des hélicoptères bruyants, jetant des bombes lacrymogènes obligeant les organisateurs à faire évacuer l’espace en faisant démarrer la manifestation par le sud du Parc des 2 rives pour rejoindre le parcours négocié de longue date
  • De trop nombreux engagements des autorités n’ont pas été tenus, notamment celui de la garantie des horaires des cérémonies officielles et du maintien des transports depuis la gare.

 De trop nombreuses autres questions se posent :

  • Pourquoi avoir laissé des milliers de gens errer dans la ville, fautes de transport ?
  • Pourquoi avoir empêché ces personnes de rejoindre la manifestation ?
  • Pourquoi leur avoir confisqué leurs drapeaux, y compris en fin de journée ?
  • Pourquoi avoir trouvé des CRS bloquant à plusieurs reprises un parcours de manifestation négocié ?

Pour le Mouvement de la Paix, le débat n’est pas clos, il ne fait que commencer. Les dizaines de milliers de manifestants qui étaient venus du monde entier pour exprimer un message de paix, sont repartis plus déterminés que jamais à faire entendre la voix de ceux qui refusent la militarisation du monde et veulent agir pour une Europe pacifique et solidaire. Il est temps d’un grand débat en France sur l’Otan et la paix.

Dès à présent le Mouvement de la Paix lance un appel à témoignages et à témoins en demandant aux personnes d’écrire à national@mvtpaix.org afin de construire les suites juridiques à donner au 4 avril. Il envisage des dépôts de plaintes dans tous les départements. Il continue à demander l’organisation d’un référendum et interviendra avec ses 150 comités locaux à l’occasion du débat des élections européennes.

C’est un triste jour que nous avons vécu à Strasbourg, loin d’abattre les pacifistes, il les renforce dans leur détermination d’un réel débat démocratique sur les conditions d’assurer la sécurité des habitants de la Planète. L’Otan a montré à Strasbourg qu’elle en était incapable !

Strasbourg le dimanche 5 avril

communiqué de l’UD CGT 67

L’UD CGT 67 dénonce les actes de violence commis et exprime sa solidarité avec les habitants du quartier du Port du Rhin lors de la manifestation pour la paix et contre l’OTAN du samedi 4 avril 2009 à Strasbourg.. Mais l’écran noir des fumées des incendies ne doit pas cacher les responsabilités des autorités de police.
 
L’UD CGT 67 dénonce l’attitude irresponsable des autorités de police qui n’avaient comme seul et unique objectif d’empêcher l’accès au centre ville. Les habitants du quartier déshérité du Port du Rhin et les manifestants pacifiques n’étaient manifestement pas au cœur des préoccupations de la police. On peut légitimement se demander si tout n’a pas été fait sciemment afin que la manifestation ne dégénère. Alors que pendant plusieurs semaines des négociations ont eu lieu régulièrement entre la Préfecture, les autorités de police et de gendarmerie et le Collectif Anti Otan, la seule préoccupation des autorités samedi aura été d’empêcher l’accès des manifestants au centre ville. Il avait été convenu que l’accès des délégations venues d’Allemagne serait possible par le pont de l’Europe. Or il a été fermé unilatéralement alors qu’à ce moment là il n’y avait pas de violences au port du Rhin. L’accès des manifestants au lieu du rassemblement du Jardin des Deux Rives a ensuite été retardé  et même empêché pour plusieurs milliers de manifestants pacifistes, par les forces de police. Les forces de police étaient étrangement absentes du quartier du port du Rhin et du Jardin des Deux Rives. En toute impunité, les casseurs ont pu donc commencer à saccager le quartier.
 

  • Pourquoi les forces de police sont elles restées passives dans le quartier du Port du Rhin en laissant flamber les anciens locaux de la douane avant d’intervenir aussi tardivement ?
  • Pourquoi les forces de police ont-elles chargé et gazé la fin du cortège au pont d’Anvers alors que tout se déroulait pacifiquement ?
  • Pourquoi les forces de police ont-elles bloqué le cortège avant la rue Coulaux alors qu’une sortie par la rue de la Coopérative était possible ?

L’UD CGT 67 ré affirme que le droit de manifester est une liberté fondamentale. La mission des autorités de police n’était pas, seulement, de protéger les puissants de l’OTAN et les habitants du centre ville, mais de permettre aux manifestants de défiler pacifiquement tout en protégeant les quartiers périphériques. L’UD CGT 67 soutient et appelle à participer à la manifestation organisée par des habitants du Port du Rhin le mercredi 8 avril 2009 à 14h devant l’école du Port du Rhin.