Nous, syndicalistes antifascistes, ne pensons pas qu’en France, aujourd’hui, le patronat (ou même une fraction importante des patrons) ait versé dans un activisme d’extrême droite ; cependant la multiplication des cas de répression contre des syndicalistes est une réalité que la victoire de Sarkozy n’a fait qu’amplifier. Le respect des libertés démocratiques dans les entreprises, et en premier lieu de la liberté d’action syndicale fait partie de notre combat. Cette rubrique en témoignera et sera aussi l’occasion de dénoncer la répression contre les syndicalistes qui sévit de par le monde.
I / Un permanent de SUD PTT Postaux Paris en conseil de discipline pour une prise de parole sur un centre postal
Les faits : Sébastien, permanent à SUD PTT Postaux Paris a fait une prise de parole le 28 septembre dernier, conjointement avec des militant-e-s locaux-ales CGT sur le centre de distribution du 11ème arrondissement de Paris. Le but de cette prise de parole était d’informer les factrices et facteurs de Paris 11 qu’un de leur collègue (après un conseil de discipline la veille) était injustement licencié alors qu’il était en accident de travail. Le résultat a été une cinquantaine d’avertissements pour les factrices et facteurs du centre, trois blâmes pour les militants locaux et un conseil de discipline pour le permanent SUD. Il risque 1 mois et demi d’exclusion. Il avait déjà été suspendu 2 mois l’année dernière, pour sanctionner son activisme syndical. C’est la première fois qu’une direction de La Poste, en l’occurrence la DOTC Paris Sud, sanctionne un permanent syndical pour une prise de parole. Nous ne pouvons l’accepter.
A chaque militant(e) syndicale sanctionné(e), c’est la liberté syndicale et les droits des travailleur-euse-s qui reculent. Ne les laissons pas faire ! Signez et faites signez massivement la pétition contre la répression antisyndicale initiée par les syndicats postaux parisiens CGT, SUD et FO en allant sur le site
II / Brittany Ferries : un syndicaliste licencié pour avoir alerté sur les conditions de sécurité !
Le 5 décembre 2007, Christian Leblond, syndicaliste CFDT élu du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) de Brittany Ferries a écrit à son Président pour dénoncer les conditions désastreuses d’une traversée d’un ferry. Ce courrier était à vocation interne mais la presse, par l’intermédiaire d’Ouest-France, en a fait état. La direction a accusé Christian Leblond d’avoir diffusé ce courrier à l’extérieur, ce qu’il nie, et d’avoir ainsi porté atteinte à l’image de l’entreprise. Elle le licencie pour ces motifs. La FGTE-CFDT condamne fermement cette atteinte au droit syndical et s’étonne que cette entreprise ne se préoccupe pas, en premier lieu, de répondre aux questions de fond posées par la sécurité des passagers et du personnel. C’est pourtant bien la préoccupation de la responsabilité sociale d’une entreprise qui conforte l’image de celle-ci et non le licenciement d’un membre de CHST pour des faits relevant de l’exercice normal de ses fonctions. Il est temps de revenir à la raison. La direction doit répondre aux questions de sécurité posées et réintégrer immédiatement Christian Leblond
Signez comme viennent de le faire plus de 400 personnes , parlementaires, élus locaux, syndicalistes et des citoyens attachés à la défense des libertés syndicales, la pétition contre la répression antisyndicale : cfdt.pays.cotentin@orange.fr (cf le site)