Pétain, le traître de 40, fêté en catimini

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Samedi 25 avril 2009, à Cauchy-à-la-Tour, dans le Pas de Calais, une soixantaine d’admirateurs du maréchal Pétain, la plupart venant de la région parisienne, se sont retrouvés dans la maison natale de l’ex-chef d’État condamné à mort après la Libération pour intelligence avec l’ennemi, pour collaboration avec le régime nazi. Depuis une trentaine d’années, autour du 24 avril, ils se retrouvent en catimini dans cette maison.

Pendant deux heures et demie, ils assistent à une messe, ils déposent une gerbe et interprétent « Maréchal nous voilà », l’hymne officieux de Vichy… «  Nous voulons rétablir la vérité historique et nous ne sommes pas une association politique », jure Hubert Massol, le président de l’ADMP… pourtant élu jusqu’en 2008 au conseil municipal d’Asnières sous l’étiquette MNR (le parti de Bruno Mégret).

Le but avoué de l’ADMP (Association pour la Mémoire du maréchal Pétain, fondée en 1951 par le général Weygand) est d’obtenir la révision du procès de 1946 et le transfert de la dépouille du traître de l’Ile d’Yeu à l’ossuaire de Douaumont. Rachetée en 1992 par l’ADMP, le vieux corps de ferme a été transformé en musée, orné de symboles religieux et de divers objets entretenant un certain culte de la personnalité.

Pour Gérard Defrance, maire par intérim, l’ouverture publique de ce musée est impensable dans la commune car «  On n’a pas le droit de faire une chose pareille, en mémoire de tous ceux qui ont péri dans les camps ». Les Cauchois se résignent à voir défiler ces pèlerins, catholiques traditionalistes proches de Mgr Lefebvre, même s’il y a eu des manifestations hostiles en 1982. D’ailleurs, depuis, la messe n’est plus organisée dans l’église du village et très rares sont les habitants du cru à participer à ces cérémonies particulières.

Le 22 avril 2006, à l’occasion du 150ème anniversaire de l’anniversaire de Pétain, Hubert Massol déclarait notamment : « Si Philippe Pétain fut glorieux en 14-18, il fut grand dans les années 40, où sacrifiant son prestige et sa tranquillité, après une vie bien remplie au service de la Patrie, il remit tout en question en acceptant de faire le don de sa personne à la France, pour atténuer son malheur. Plus d’un demi-siècle a passé, la réconciliation européenne se concrétise péniblement, il reste à réaliser la réconciliation des Français, malgré les passions d’une minorité et l’hostilité des lobbies. »

A la lecture de ces lignes, chacun est libre de comprendre le révisionnisme rampant de cette association et son obstination à occulter la responsabilité de Pétain et de bien d’autres dans la collaboration active du gouvernement de Vichy avec le régime nazi. Cela dit, VISA se réjouit de l’audience de plus en plus résiduelle de cette association, même dans le village natal de Pétain.