(d’après communiqué de presse – décembre 2006)
(…) Suite au débat scientifique et de société impulsé par « Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans » (…) l’INSERM a fait son « mea culpa » au cours d’un colloque intitulé « Trouble des conduites : de la clinique à la recherche » en annonçant que les méthodes de travail des expertises Inserm dans le domaine psychique seraient revues. Il y aura, notamment, prise en compte de la diversité des approches épistémologiques et pratiques, comme de l’expérience des acteurs de terrain et de l’apport des sciences humaines et sociales concernées par les problématiques considérées. « La multidisciplinarité est une condition d’une démarche éthique et scientifique« , a considéré le Président du comité d’éthique de l’Inserm. Le Directeur de l’unité Inserm 666 et porte parole de l’Institut précise : « Désormais lorsqu’une expertise aura de fortes implications sociétales, comme celle-là, nous demanderons aux professionnels de terrain de nous faire des propositions sur les noms d’experts à consulter. Puis, à l’issue de ce travail, mais avant sa publication, nos interlocuteurs y auront à nouveau accès, afin de ne pas donner l’impression d’un texte détenteur d’une réalité intangible. Il nous faut également rejeter toute approche sécuritaire, en étant d’une vigilance sans faille vis-à-vis des risques de récupération politique« .
Il aura fallu un an de travail et d’action du collectif « Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans » (Cf article paru dans ISA, en juin 2006)pour aboutir à cette prise de conscience et permettre d’obtenir un double succès, sur le plan des enjeux scientifiques et de société, mais aussi sur celui des pratiques professionnelles de prévention dans le champ de la santé et de la petite enfance.
Les près de 200 000 signataires de l’appel « Pasde0deconduite » restent mobilisés, à l’heure où les fondements du secret professionnel, gage de l’efficacité et de l’éthique des pratiques de prévention, sont remis en cause par le projet de loi de prévention de la délinquance. Son article 5 prévoit toujours une mesure de levée obligatoire du secret professionnel dans le cas de personnes « présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles » au profit du maire de la commune. Le collectif « Pasde0deconduite » saura dénoncer les initiatives de fichage d’enfants en difficulté, dont la presse s’est fait l’écho, et qui pervertissent les pratiques de prévention. Il saura aussi rester vigilant sur les contenus et l’éthique des productions scientifiques et des rapports officiels dans le domaine de la santé psychique de l’enfant et de la prévention. Nous avons bien avancé, mais l’action et la vigilance sont de mise : d’autres rapports, d’autres lois concernant nos enfants sont en cours…