Elections après élections, sondages après sondages, le Front National progresse … Et on ne plus écarter l’idée qu’il puisse, un jour, gouverner la France. Alors, bien sûr, il y a des raisons à cette poussée électorale. A commencer par l’incapacité de nos dirigeants politiques, à la parole de moins en moins crédible, d’entendre le cri sourd émis depuis plusieurs années par les salariés et citoyens de notre pays. Montée des inégalités, chômage, précarité, déclassement social, jeunesse à l’avenir incertain, fracture sociale et géographique … Autant d’éléments qui viennent nourrir le vote pour l’extrême-droite et lui permettre d’avoir une telle audience.
Donc, oui ! Il y a urgence à réorienter les politiques, abandonner l’austérité pour une politique de justice sociale et de progrès partagé, pour une politique qui se donne les moyens du ‘vivre ensemble’. Car la ‘crise’ n’est pas une fatalité, l’Europe peut être autre chose qu’un rouleau compresseur ultra-libéral, la démocratie peut vivre autrement et la souveraineté des peuples peut être respectée.
A tout le moins, dans une période de tensions politiques, tant au niveau international qu’en politique intérieure, il est urgent de créer les conditions d’une société plus juste, d’un développement des mécanismes de solidarité et des services publics dont l’école.
Quand des pans entiers de la société sont exclus, qu’une minorité s’accapare le fruit des progrès et les richesses, les fractures créées peuvent contribuer à l’éclatement de nos sociétés ou initier des processus politiques obscurantistes dont l’Histoire nous a appris la douleur qu’elle infligeait aux peuples qui s’y abandonnaient.
Et ce danger est bien là, devant nous ! Et quoi que l’on pense des politiques à l’œuvre, il est une certitude absolue, c’est que l’horizon promis par Marine Le Pen et ses amis relève pour le coup d’un « suicide français ». Ségrégation raciale et sociale, exacerbation des fractures déjà à l’œuvre, régressions démocratiques et sur l’exercice des libertés : cette réalité serait bien, point pour point, l’exacte antagonisme de ce pour quoi nous avons défilé dans la rue les 10 et 11 janvier derniers. Il serait, disons-le, en rupture avec l’idéal républicain qui fait le socle de notre aptitude à vivre ensemble car bien que ses dirigeants actuels s’en défendent, le Front National, tant par ses propositions actuelles que par son histoire, reste un parti d’extrême-droite.
Ceci dit, la situation est telle aujourd’hui qu’il ne suffit plus d’hurler « F comme Fasciste N comme Nazi » pour créer les conditions de son échec. Il nous faut reprendre méticuleusement un argumentaire sur ses propositions actuelles, expliquer, démontrer la nature du risque qui se dresse devant nous.
C’est ce travail auquel s’adonne le SNUipp-13 dans ce dossier (cf le 6 pages ci-dessous). Dans le champ d’intervention qui est le nôtre, les enjeux sont de taille. L’Ecole pour laquelle nous continuons de porter un projet d’égalité et d’émancipation est un des socles du pacte républicain. A ce titre, elle mérite qu’on repousse avec force ceux qui proposent de la démanteler ou d’en défaire les missions.
Suite du dossier en annexe ci-dessous …