Les identitaires de la maison de l’Artois interdits de manifestation !

Le 23 septembre dernier, à Auchel dans le Pas de Calais, les identitaires ont été interdits de manifestation. L’extrême droite, surfant sur les angoisses nées des politiques patronales et gouvernementales notamment en matière de licenciement, tente une nouvelle fois de s’implanter dans le monde ouvrier. Le Bloc Identitaire a été créé en 2003, en particulier par 2 membres d’Unité Radicale suite à la dissolution de ce mouvement, dont Maxime Brunerie, qui a tenté d’assassiner Jacques Chirac en 2002, était sympathisant. Classé à l’extrême droite de l’échiquier politique, il promeut le fédéralisme européen et une certaine forme de régionalisme. Il est « principalement préoccupé par la croissance de l’islam en Europe et le caractère désagrégateur du multiculturalisme ». 

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L’Union locale CGT, qui avait appelé à une contre manifestation, se félicite de l’annulation du rassemblement et considère avoir remporté une première victoire contre l’extrême droite. Comble de provocation, ce rassemblement était annoncé pour la date anniversaire de la création de la CGT.

 

Les identitaires de l’Artois : un mouvement fasciste et violent
En mai 2011, avec la bénédiction des identitaires flamands de Lambersart, la maison de l’Artois a été inaugurée à Auchel, en plein bassin minier. Le vice-président de l’association qui la gère n’est autre que Claude Hermant, président de la Maison flamande de Lambersart. Leur but est de « conquérir » le bassin minier. Très rapidement, des militants antifascistes, regroupés autour de la CGT, ont réagi en voulant informer la population des dangers de l’extrême droite. Mais, lors d’une distribution de tracts le 26 juillet sur le marché (lire le tract dans nos brèves), ils ont été violemment agressés par une escouade de nazillons sortis tout droit de cette maison de l’Artois. Alors qu’elle était présentée comme un lieu où « les jeunes pouvaient venir apprendre à jardiner et à élever des poules au lieu de traîner dans la rue », la maison de l’Artois s’est donc vite avérée être un repère de militants d’extrême droite ne rechignant pas à utiliser les manches de pioche pour imposer leurs idées.

Une réaction militante salutaire et efficace
Quand ils ont appris qu’une manifestation serait organisée le 23 septembre devant « le monument du mineur », symbole des luttes ouvrières qui ont rythmé un siècle d’extraction de charbon dans la région, les militants antifascistes ont interpellé le maire, sans résultat. Ils ont alors organisé une campagne de sensibilisation (collage d’autocollants « bassin minier antifa », inscription « non aux fafs » en gros caractères peints sur le terril) et préparé une contre manifestation. L’affrontement n’a pas eu lieu, mais le traumatisme est réel. À l’occasion de la journée interprofessionnelle d’action du 11 octobre, les cinq unions locales CGT des environs aimeraient se rassembler à Auchel, plutôt qu’à Lille.

Un maire pas clair…
Richard Jarrett est le maire « divers droite » d’Auchel. Depuis l’arrivée des fascistes à Auchel, ses prises de position ne sont pas claires.
D’abord, il n’a pas eu le bon réflexe d’essayer d’interdire l’ouverture de la maison de l’Artois. Pour justifier son inaction, il a déclaré qu’en n’en parlant pas, elle n’aurait pas de publicité. Ensuite, il a publiquement accusé des membres de la CGT d’être responsables des incidents du 6 juillet sur le marché, alors que c’est un tract du 19 juin distribué par le FN qui a mis le feu aux poudres, combiné à la tradition belliqueuse des identitaires. Enfin, le maire persiste à renvoyer dos-à-dos l’extrême droite et leas antifascistes :  Si la manifestation du 23 septembre dernier à l’appel des identitaires et la contre manifestation ont été toutes deux interdites par le maire, c’est à cause du risque d’affrontement, mais pas à cause des idées nauséabondes et des pratiques violentes de l’extrême droite…!
(Voir la brève du 2 août sur notre site.)

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