Le jeudi 21 janvier au matin, profitant de l’effet médiatique de l’annonce de la délocalisation d’une partie de la production de l’usine Renault Flins (Yvelines) en Turquie, le Front National d’Île de France a diffusé des tracts à l’entrée de l’usine. Le Front National de Sochaux (Doubs) a lui aussi diffusé la propagande frontiste devant l’usine Peugeot ce même jour. Le FN entame donc sa campagne des régionales en direction des salarié-es.
Le Front National prétend ainsi se placer ainsi comme défenseur de l’emploi… Il avance que c’est en défendant la préférence nationale (les emplois pour les Français) et une politique protectionniste (augmentation des taxes douanières) que le chômage peut être résorbé. Il oppose sa politique de « vérité » aux promesses non tenues de Sarkozy sur le maintien de l’emploi. Il met dans le même sac tous les « européistes », de gauche comme de droite, tous pourris, tous responsables.
Les salarié-es, qui se battent aujourd’hui pour préserver leurs emplois, ne doivent pas se laisser berner. Les réponses apportées par le Front National sont inacceptables à plus d’un titre. Ils opposent les salarié-es entre eux, sans jamais s’attaquer au vrai responsable : le club des grands patrons. Ce sont eux qui délocalisent, en maintenant des salaires et des conditions de travail de misère en Asie, en Turquie et partout où ils le peuvent. Ce sont eux les vrais responsables, pas les salarié-es d’autres pays, victimes comme ceux travaillant en France de la déréglementation du travail au niveau mondial.
En outre, le Front National a l’indécence de se poser en défenseur du code du travail et des normes environnementales. Là encore, que les salarié-es ne s’y trompent pas ! En réalité, le programme du Front National, c’est la régression sociale tous azimuts: la fin du droit à la retraite à 60 ans, la promotion des retraites complémentaires par capitalisation, le musèlement des syndicats, la mise en cause du droit de grève..Et au delà, le Front National est aussi un diviseur, opposant les Français soi-disant « de souche » aux autres salarié-es. Pour le Front National, le combat pour l’emploi se résume au nationalisme et au repli, et cela permet au patronat de continuer à licencier, baisser les salaires et casser les acquis sociaux.
En tant que militant-es syndicaux, nous tenons à exprimer notre solidarité avec tous les salarié-es qui luttent pour préserver leur emploi. En tant que militant-es syndicaux antifascistes, nous affirmons que le Front National n’apporte aucune solution aux problèmes des salariés et qu’il va à l’encontre de leurs intérêts. À leur désir de nous voir divisé-es, opposons nos luttes unies, meilleur rempart contre leur programme antisocial et réactionnaire.
Le Front National est le pire ennemi des travailleurs: faire barrage à la diffusion de ses idées racistes et antisociales à la porte des entreprises est une mesure de salubrité sociale à laquelle les syndicats, avec le soutien des salariés, doivent s’atteler sans tarder.
VISA Paris, le 26 janvier 2010