Les récentes manifestations, à propos de Gaza, ont mis en évidence les positions multiples et très contradictoires de l’extrême droite française. Ce n’est pas tout à fait nouveau de voir des positions divergentes apparaître au sein de l’extrême droite, dès lors qu’un conflit militaire met aux prises l’Etat d’Israël et des Etats ou mouvements politiques arabes ou musulmans. Pour l’extrême droite, un tel conflit est lourd de symbole, dans la mesure où l’antisémitisme d’une part, le racisme anti-arabe d’autre part constituent des marqueurs idéologiques très forts. Ces marqueurs se retrouvent tout au long de l’histoire de l’extrême droite française, mais ils peuvent entrer en contradiction (vraie ou apparente) à un moment donné.
Dans un contexte où le Front national – parti dominant de cette mouvance – est très affaibli, les contradictions éclatent et s’exacerbent. Avant, il existait une épine dorsale organisationnelle, un appareil structuré capable d’intégrer les différents courants idéologiques et de leur proposer une « synthèse ». Aujourd’hui, les trajectoires respectives de ces courants peuvent se radicaliser, dans la mesure où ce « centre » organisationnel a moins de puissance et de force d’intégration.
Petite mise en perspective historique
Une petite mise en perspective s’impose. Historiquement, c’est d’abord l’antisémitisme – contre les juifs, présentés comme « le poison des nations » – qui transforme la « droite révolutionnaire » (pour parler avec Zeev Sternhell, qui a analysé les mouvements préfascistes) et nationaliste en mouvement de masse. Au début du XXe siècle, il fournit une grille de lecture de la société, capable de tenir lieu d’« alternative » à l’aspiration révolutionnaire. La « théorie du complot » antisémite explique que ce seraient les juifs, et accessoirement les francs-maçons, qui possèderaient l’argent et détiendraient – secrètement – le pouvoir. Ils chercheraient à contrôler les nations, pour les détruire et ériger leur « gouvernement mondial ». Cette « théorie » permet aux forces les plus réactionnaires de s’adresser aux couches populaires, paupérisées, pour leur offrir une prétendue perspective de lutte aux allures pseudo révolutionnaires.
A partir de 1945, une telle approche semble désormais interdiie aux forces de droite et d’extrême droite. L’antisémitisme doit faire face au bilan historique des crimes du nazisme. Il est devenu politiquement, moralement, sinon juridiquement périlleux voire impossible de s’en revendiquer ouvertement. En même temps, la période des guerres coloniales (surtout celles des années 1950) ainsi que la construction de l’Etat d’Israël change – au moins provisoirement – la donne. L’Etat d’Israël constitue un allié de poids dans la région, pour la France colonialiste combattant le mouvement de libération nationale en Algérie et l’Egypte de Nasser qui cherche à stimuler les forces indépendantistes. A travers une intervention militaire commune contre l’Egypte, en octobre 1956, la France colonialiste et Israël se trouvent côte à côte. (Jean-Marie Le Pen sert alors comme officier, engagé volontaire, dans le corps d’expédition). De plus, la construction d’un Etat national juif, fortement militarisé, semble rendre possible, aux yeux de l’extrême droite de l’époque, une « solution de la question juive » nouvelle. Au lieu de « se mêler » aux peuples et nations de l’Europe, les juifs devraient partir au Proche-Orient pour y ériger leur propre Etat-nation, ce qui permettrait de possibles alliances (pour des raisons stratégiques), et du même coup l’extrême droite serait disculpée de tout antisémitisme. Cette période constitue un tournant majeur pour les droites nationalistes, en France autant qu’en Allemagne fédérale. Au cours de ces années et même plus tard, Jean-Marie Le Pen, portant à l’époque un bandeau, se compare volontiers à Moshe Dayan, le « héros » militaire israélien notamment pendant la guerre des Six jours en 1967.
A la fin des années 1980, la donne change encore. Jean-Marie Le Pen passe, à un autre registre et remet au centre de son discours un antisémitisme qui avait semblé passé au second plan, sinon quasiment disparu. L’épisode du « point de détail » déclenche une rupture. Le chef du FN, ayant cru qu’il avait donné suffisamment de gages « aux juifs » (après avoir rencontré, entre autres, des représentants du parti droitier Herout – ancêtre du Likoud – à New York en février 1987), ne faisait plus suffisamment attention à dissimuler sa tendance naturelle. Lors d’une émission de TV, en septembre 1987, il professe ses sympathies pour les thèses des « révisionnistes », qu’il convient mieux d’appeler négationnistes puisqu’ils nient une évidence historique : la réalité de la Shoah. Ensuite, sur la défensive, il revendique « la liberté de la recherche historique », avant de se réfugier derrière une formule selon laquelle cette « question » – celle de l’existence, ou non, des chambres à gaz – serait « un détail de l’histoire », sans importance majeure.
Cet épisode provoque un tollé. La politique israélienne et la droite pro sioniste, mais aussi de façon plus générale les droites occidentales dominantes rompent les contacts les plus avancés avec le FN. Invité à assister à un congrès du parti conservateur britanniques – des « Torys », nous sommes encore à l’époque de Margaret Thatcher -, Jean-Marie Le Pen voit son invitation annulée en octobre 1987. Il doit aussi faire une croix sur le projet de se rendre en Israël à l’approche des élections présidentielles françaises du printemps 1988. Dès lors, l’extrême droite française peut laisser libre cours à son antisémitisme. En même temps, la donne géopolitique a évolué. C’est l’effondrement du bloc soviétique à la fin de l’année 1989. Jusque-là, l’anticommunisme avait fortement dominé l’orientation du FN en politique internationale, et l’extrême droite avait bruyamment soutenu la réélection du président Reagan en 1984. Mais à la fin de la décennie, la bipolarité entre « communisme » et « monde libre » perd de sa force idéologique. Aux pays de l’Est, c’est « l’éveil des nations ». L’extrême droite prend – majoritairement – la tangente de l’antiaméricanisme, et la direction du FN défend (non sans beaucoup de mal en interne) une position radicalement opposée à l’intervention militaire des USA en Irak en janvier/février 1991.
A partir de là, l’Etat d’Israël cesse, aux yeux d’une bonne partie l’extrême droite (quasiment en même temps que les USA), d’être vu comme un allié privilégié. C’est désormais le nationalisme radical – y compris des « petites nations » plus ou moins opprimées – qui prime sur l’orientation pro-occidentale classique, aux relents colonialistes. L’antisémitisme pourra plus librement s’exprimer. Ce qui n’empêchera pas Jean-Marie Le Pen, en 2002, de se référer positivement, dans une interview au quotidien israélien « Haaretz » à la politique « de la main forte contre le terrorisme » engagée par Ariel Sharon. Ce dernier n’avait-il pas, dans une interview à « L’Express » à la fin de l’année 2001, comparé sa politique à celle des forces pro-« Algérie française » ? Désormais, les références idéologiques contradictoires coexistent au sein du FN.
Positionnements actuels
Face aux événements de Gaza, l’extrême droite française se positionne de trois façons. Premièrement, une partie (minoritaire) de ses forces applaudit aux opérations militaires d’Israël. Deuxièmement, une bonne partie défend une position « neutraliste », renvoyant dos à dos non seulement les belligérants sur place, mais aussi les manifestations de sympathie pro israéliennes et pro palestiniennes sur le sol français, rejetées comme marque de sympathie pour une « cause étrangère ». Enfin une dernière fraction, professant un nationalisme radical et « révolutionnaire », défend sans retenue des positions ouvertement anti-israéliennes et en même temps antisémites, allant même jusqu’à tenter (sans grand succès) d’infiltrer les manifestations pro palestiniennes, généralement soutenues par des forces de gauche et des immigrés d’origine arabe.
Applaudissements pour les opérations militaires d’Israël
Dans le premier camp, on trouvera notamment Jean-François Touzé, exclu de la NPD pour ses « positions bourgeoises, atlantistes et sionistes » et qui a créé, en septembre 2008, son propre groupement politique : la « Nouvelle Droite Républicaine » (NDR). La NDR, tiendra son premier meeting public à Paris, le 1er mars 2009, sous le titre « Pour une nouvelle alliance occidentale » et avec le symbole de l’OTAN comme drapeau. Fin 2008, Jean-François Touzé, son mini-parti et le site Internet qui lui est proche (Rebelles.info) avaient bruyamment fait campagne pour l’élection de John McCain à la présidence des Etats-Unis. Dans ce contexte, la NDR défend des positions explicitement favorables à la guerre menée par l’armée israélienne à Gaza, et applaudit bruyamment ses soldats et leurs « victoires » : « La Nouvelle Droite Républicaine soutient sans réserve l’offensive menée par L’Etat d’Israël contre le Hamas. Ce qui est en cause c’est bien sur la sécurité des Israéliens (…). C’est aussi la sécurité de l’Occident tout entier qui, face au terrorisme islamique, doit revendiquer son droit et son devoir à la riposte légitime et à l’emploi de la force juste. La NDR dénonce enfin la désinformation qui tend à faire croire que des centaines de civils ont été tués ces deux derniers jours sur la bande de Gaza. S’il est malheureusement inévitable dans tout conflit que des pertes soient à déplorer au sein de la population, la vérité est que 80% des tués appartiennent aux forces armées du Hamas. » Le site Internet qui soutient la NDR agit d’ailleurs en partenariat étroit avec des journalistes connus proches de la « droite dure » classique, reprenant et publiant leurs articles « avec autorisation de l’auteur », dont Ivan Rioufoul du « Figaro ». C’est le cas des articles de Michel Gurfinkiel, journaliste à l’hebdomadaire « Valeurs actuelles », proche politiquement de la droite dure israélienne et de l’idéologie des colons ; adversaire depuis toujours de toute reconnaissance d’un droit à l’autodétermination des Palestiniens et opposé à l’OLP (selon lui « une fratrie terroriste ») autant qu’au Hamas.
Neutralisme nationaliste : Non aux « intérêts étrangers » des uns et des autres
Une majeure partie de l’extrême droite française défend plutôt une politique du « Ni – Ni », mettant les deux camps dos à dos, refusant du même coup que l’on « se batte dans les rues françaises pour des intérêts étrangers ». Ainsi l’hebdomadaire « Minute », proche du FN sans être sous le contrôle de ses instances, titrait le 14 janvier 2009 : « Qu’ils soient pour le Hamas ou pour Israël : Qu’ils aillent se battre là-bas ! » C’est aussi l’orientation des interventions de la NDP (Nouvelle Droite Populaire), qui a, par exemple, distribué le 26 janvier – avec un groupuscule monarchiste – un tract sous le titre « Ni Israël ni Palestine… Vive la France » où l’on peut lire : « Suite aux manifestations passées et à venir pour soutenir les politiques israélienne ou palestinienne, la Nouvelle Droite Populaire et Génération FA8 s’associent pour rappeler que ce conflit ne concerne ni l’Europe et encore moins la France. De plus, des individus sur notre sol en profitent pour imposer des discours qui sont très éloignés des intérêts politiques de la France et des Français, ceci est inadmissible. (…) La Nouvelle Droite Populaire et Génération FA8 tiennent à rappeler que seuls les intérêts de nos peuples et de notre civilisation doivent guider les choix politiques de la France (et non être animés par une rhétorique gauchiste, droit de l’hommiste et pro islamiste). »
C’est dans une logique similaire qu’à Nice, le « Bloc identitaire » (puissamment implanté) s’est opposé à la tenue de manifestations pro palestiniennes. Allant jusqu’à organiser, le 17 janvier, une contre-manifestation sous les mots d’ordre « Maîtres chez nous ! » et « Ne laissons pas notre ville à la racaille ! » A ses yeux, ceux qui se mobilisaient contre la guerre à Gaza étaient uniquement, soit des immigrés d’origine arabe, soit des traîtres défenseurs d’’ intérêts étrangers ». Les deux manifestations (celle des pros palestiniens, et celle des « Identitaires ») à Nice avaient été interdites, mais ont eu lieu quand même – au moins pendant une courte durée -, les deux publics s’invectivant respectivement en scandant : « Nous sommes d’ici ! ».
Offensive pour le négationnisme et la banalisation de la Shoah
En même temps, certains des protagonistes de l’extrême droite ont profité l’occasion pour repasser à l’offensive sur la question du négationnisme, ou plus précisément sur la banalisation de la Shoah. Jean-Marie Le Pen, notamment, s’est exprimé à plusieurs reprises en cherchant à assimiler les massacres commis par l’armée israélienne à Gaza au génocide perpétré par les nazis en Europe. Le 8 janvier 2009, il compare la situation dans la bande de Gaza à un gigantesque « camp de concentration ». Cette allusion aux camps de la mort, instrument dans la politique d’extermination de régime nazi, est, bien entendu, une contrevérité historique – alors qu’on pourrait éventuellement analyser la situation des Palestiniens à Gaza à la lumière de celle faite aux Amérindiens parqués dans une « réserve » ou des Noirs mis dans un « Bantoustan » par l’Afrique du Sud sous l’Apartheid (régime soutenu dans son temps par le FN français). Huit jours plus tard, Jean-Marie Le Pen compare Gaza au « Ghetto de Varsovie », et les forces politiques agissantes en Palestine occupée (dont le Hamas) à l’insurrection du ghetto en 1943. Une fausse analogie historique, là aussi, bien entendu : la politique d’occupation en Palestine et les assauts militaires doivent bien sûr être condamnés, mais ils ne sont en rien assimilables à la tentative des nazis d’exterminer physiquement tout un peuple jusqu’au dernier nourrisson. Dans le cas de la politique militaire d’Israël (comme dans celui des guerres coloniales menées, entre autres, par la France), il s’agit d’imposer des objectifs politiques (ou parfois économiques). Une fois ceux-ci atteints, la violence à l’état brut peut cesser – même s’il subsiste une violence structurelle – ; et la mort de civils est considérée comme « un prix à payer » ou encore « des dégâts collatéraux », mais non pas comme un but en soi. Les deux logiques ne sauraient être confondues.
De toute manière, ce que recherche Jean-Marie Le Pen ce n’est pas une explication ou analyse par analogie historique. Son but est bel et bien de banaliser l’horreur des crimes nazis, en les faisant disparaître (avec toute la spécificité qui les caractérise) derrière une chaîne de crimes politiques ou militaires assez différents les uns des autres. Le tout, non pas pour dénoncer tous les crimes, mais pour finir par dire : « Les uns ne valent pas mieux que les autres, donc cessons de nous battre la coulpe. Au final, personne ne fait des omelettes sans casser des œufs, donc cessons de nous en émouvoir. »
Jean-Marie Le Pen n’est pas le seul dans cette logique de banalisation de la Shoah, ni d’ailleurs celui qui va le plus loin. Le MDI (« Mouvement des Damnés de l’impérialisme »), groupuscule radical – inspiré de racialisme noir et d’antisémitisme – qui a pris la succession de la « Tribu K » interdite en 2006, va beaucoup plus loin. Sur son site, ce groupuscule dirigé par le fasciste « Kémi Séba » alias Stellio Capochichi délire : « Gaza est pire que la Shoah ! », ceci alors que, par ailleurs, il n’a jamais reconnu la réalité du génocide perpétré contre les juifs (ces derniers s’érigeant, selon lui, en victimes de façon frauduleuse).
Précisons que dans le contexte actuel, lourd de confusions politiques et historiques, il n’est pas rare de voir dans les manifestations – dénonçant à juste titre l’intervention militaire de l’Etat d’Israël à Gaza et les brutalités qui l’ont accompagnée – des pancartes assimilant Israël à l’Allemagne nazie, la guerre de Gaza à la Shoah, « Gaza et Auschwitz ». Ces pseudos comparaisons historiques ne sont pas toujours l’œuvre de groupes politiques organisés, mais souvent le fruit d’une émotion et colère spontanées. Il n’en reste pas moins que les comparaisons aboutissant objectivement à une banalisation du nazisme ne doivent pas avoir leur place dans le discours politique des forces anti-guerre, pro palestiniennes, humanistes ou anticolonialistes.
Les nationalistes-révolutionnaires et les « Rouges-bruns » pour un combat en apparence pro palestinien
Reste qu’une fraction de l’extrême droite, celle qui se voudrait la plus « révolutionnaire » et/ou qui est, en réalité, la plus antisémite, a tenté de se mobiliser – dans le conflit- pour un combat en apparence « pro palestinien ».
Il s’agit d’une part des « Rouges-bruns », qui adoptent une rhétorique « révolutionnaire » verbalement dirigée contre le capitalisme (décrit de préférence comme « apatride ») et « anti-système ». A leurs côtés, on trouve les « nationalistes-révolutionnaires », qui forment un courant idéologiquement structuré au sein de l’extrême droite. Selon leur idéologie spécifique, ils formeraient un mouvement révolutionnaire ; les sujets des révolutions étant – selon eux – non pas des forces sociales mais des « peuples » conçus au sens ethnique du terme. En faisant cela, ils gomment systématiquement toute différence entre la situation d’un peuple victime d’une réelle oppression nationale (ce qui était, entre autres, le cas des Algériens sous le colonialisme, et est le cas des Palestiniens ou des Kurdes, à l’heure actuelle) et celle des autres nations, y compris les plus dominantes. Ce courant aimerait adopter un schéma de mouvement – par essence nationaliste – qui a pu « fonctionner » et trouver un soutien populaire dans des pays colonisés, en les appliquant aux (anciennes) métropoles elles-mêmes. Or, faute d’oppression nationale – qui n’existe pas , par exemple, pour le peuple français en tant que tel – ils inventent une oppression de ces nations par des forces occultes supranationales, par des « lobbys mondialistes » hyper puissants et (parmi eux) « le sionisme international ». Le chemin pour dire que ce seraient les juifs qui opprimeraient les nations, éventuellement avec un pouvoir « mondialiste » basé aux Etats-Unis – mais opprimant selon eux aussi les « vrais » Américains -, n’est jamais très loin.
Un tel positionnement a été adopté, dans le récent conflit, bien sûr par le courant « nationaliste-révolutionnaire » lui-même, représenté par le site Internet « VoxNR ». Celui-ci a, très tôt, adopté un langage ultra-violent contre Israël (« Israël, une machine conçue pour tuer ») et un positionnement de soutien – rhétorique – aux Palestiniens. Ce courant trouve des alliés structurels dans le MDI, mais aussi, entre autres, chez les partisans d’un Dieudonné devenu antisémite forcené.
L’intervention d’Alain Soral, un « rouge-brun » faisant partie des conseillers de Marine Le Pen – quoique cette dernière soit sur d’autres positions, concernant notamment l’attitude à adopter vis-à-vis d’Israël et des Etats-Unis -, allait dans le même sens au moment des événements de Gaza. Après « VoxNR », l’association propre d’Alain Soral, appelée « Egalité & Réconciliation », appelait elle aussi – après une réunion de sa direction, le 12 janvier – à se joindre aux manifestations pro palestiniennes. Dès le 10 janvier d’ailleurs, selon des informations rapportées par « indymedia », un groupe d’une dizaine de partisans d’Alain Soral (reconnaissables par leurs badges) avait infiltré la manifestation pro palestinienne à Bordeaux. Sur le site « Nations Presse Info », proche de Marine Le Pen, c’est plutôt cette ligne-là qui dominait dans les articles publiés pendant la durée du conflit à Gaza. Même si des forces situées dans le proche entourage de Marine Le Pen, comme le groupe « Convergences nationales » (formé par d’anciens du MNR, dont Nicolas Bay, son ancien secrétaire général), soutenaient sur le même site d’autres positions. Ainsi, selon un communiqué de « Convergences nationales », toute la faute de la guerre de Gaza incomberait uniquement au seul Hamas.
La manifestation pro palestinienne parisienne du 24 janvier 2009 devait permettre l’épreuve du terrain pour les partisans d’Alain Soral et de VoxNR. Accompagnés de partisans du MDI de « Kémi Séba », ils étaient environ deux douzaines au total à tenter de rallier la manifestation à Paris. A son début, ils en furent chassés par le Service d’ordre au point de ralliement. Cependant, ils reviendront un peu plus tard, pour se mettre dans le cortège d’un groupuscule politico-religieux d’obédience chiite, le « Centre Zahra » basé en région parisienne (qui vient de fonder un fantomatique « Parti Anti-sioniste »). On y notait aussi la présence de Ginette Skandrani, négationniste connue et anciennement exclue du Parti des « Verts », tiers-mondiste fourvoyée, mais aussi autrefois très proche de Roger Garaudy.
(sur la photo, prise par nos soins,…Ginette Skandrani )
Plus tard, le Service d’ordre et la Police feront sortir les partisans d’extrême droite de la manifestation, la police invoquant les nécessités de « leur protection ».
Sur des tracts, les partisans d’Alain Soral décrivent la situation des Palestiniens de Gaza comme celles de « victimes, depuis 60 ans, de l’immigration illégale ». Les juifs vivant en Israël y sont assimilés à des sans-papiers qui auraient submergé le pays historique des Palestiniens – dessinant la menace que demain, cela pourrait aussi arriver à l’Europe. La propagande ne semble cependant pas extrêmement appropriée au public de la manifestation, pour l’essentiel composée soit d’immigrés (d’origine maghrébine et autres), soit de militants de gauche et d’extrême gauche défendant habituellement les sans-papiers.
VISA