L’appel que VISA a lancé pour l’unité des organisations syndicales face au danger que constitue la montée du Front National est malheureusement validé par les sondages qui placent Marine Le Pen en tête de la course à la Présidentielle, et qui la pronostiquent qualifiée pour le second tour.
Face à ce danger toujours plus d’actualité, VISA et les organisations syndicales signataires de son appel préconisent la tenue d’intersyndicales à tous les niveaux pour envisager et mettre en œuvre des ripostes communes.
Pourquoi des intersyndicales ?
D’abord parce que c’est plus efficace de faire passer un message fort à l’ensemble des salariés quand plusieurs syndicats s’expriment d’une seule voix.
Sur un sujet aussi sensible que la menace d’extrême droite, il est encore plus nécessaire d’attirer l’attention des salarié-e-s, syndiqué-e-s ou pas, qui, en temps que citoyen-ne-s, vont être appelé-e-s aux urnes quatre fois d’ici la fin juin !
L’enjeu est d’autant plus important que l’enfumage « social » de Marine Le Pen vise à tromper les secteurs du salariat (et les chômeur-se-s) les plus défavorisés en leur faisant miroiter des lendemains qui chantent et, en canalisant leur colère contre les immigré-e-s, chercher à les détourner du combat contre les méfaits du capitalisme mondialisé, ses fondés de pouvoir et ses serviteurs.
La situation est suffisamment inquiétante pour que nous appliquions sans tarder le vieil adage : « marcher séparément mais frapper ensemble ».
A quinze jours du premier mai, il est temps de se préparer à frapper tous et toutes ensemble un grand coup pour dire stop au F- haine, et stop à la division des salarié-e-s !
Des intersyndicales comment ?
Oui, diront certain-e-s camarades de bonne foi, c’est une bonne idée mais « chez nous ce n’est pas possible », « il y a trop de divergences avec les autres syndicats », « ils ne viendront pas car on ne se parle plus ».
Alors précisons les choses.
Il ne s’agit pas de jouer à « embrassons-nous folle ville » et à faire comme si tous les désaccords étaient dépassés. En proposant une intersyndicale pour discuter, par exemple, d’un tract unitaire contre le danger que représente le FN, on veut simplement montrer que, sur cette question, ce qui nous unit est plus important que ce qui nous divise, car nous savons que, eux, en face, ne feront pas dans le détail, et s’attaqueront à l’ensemble du mouvement syndical.
Donc si notre syndicat est convaincu de cela, il se doit de faire le premier pas en invitant les autres à une intersyndicale.
Après, chacun se déterminera !
Bien sûr c’est toujours mieux d’avoir un tract signé par tous les syndicats invités. Mais, au final, même si l’on se retrouve à trois ou seulement deux signataires, ce sera toujours un plus. Et, dans tous les cas, cela n’empêche pas de diffuser nos propres analyses et d’informer les salariés de nos tentatives unitaires.
Et puis l’unité qui s’avère parfois impossible au plan départemental peut être tentée avec plus de succès au niveau d’unions locales, de syndicats de branche ou d’entreprises.
Tout mérite d’être essayé !
Des exemples à suivre
VISA s’est fait l’écho sur son site d’exemples de déclarations unitaires intersyndicales ou de plusieurs syndicats dans un cadre encore plus large.
Ce fut le cas dans plusieurs régions et villes à l’occasion de meetings de Marine Le Pen (Aveyron, Bayonne, Nantes..).
Des 4 pages intersyndicaux dans le Vaucluse, dans les Bouches du Rhône et en région parisienne (éducation nationale) témoignent aussi des possibilités d’actions communes.
A nous tous de s’en inspirer pour édifier le barrage unitaire, aujourd’hui et demain, face à Madame Le Pen, son ordre et son parti.