Dénoncer le racisme individuel à l’occasion de « dérapages » qui se multiplient est important mais n’est plus suffisant. Il faut prendre en compte la réalité des discriminations au quotidien, érigées e n système, et ne pas occulter le rôle du racisme institutionnel.
Le traitement étatique et municipal des populations Rroms est l’illustration la plus brutale. Nous sommes bien en présence d’une « politique de la race » : on assigne aux Rroms une différence supposément culturelle pour justifier en retour de les traiter de manière discriminatoire.
Mais les politiques de racialisation concernent pareillement d’autres catégories de la population. C’est le cas depuis longtemps avec l’injonction d’intégration adressée aux descendants de l’immigration postcoloniale, comme si certains Français devaient éternellement fait la preuve de leur « identité nationale ».
Dans l’actualité d’une France et d’une Europe néolibérales où s’accroissent les inégalités de classes, ces politiques de stigmatisation servent de dérivatif.
Il ne suffit pas de dénoncer les racistes, ni même les partis racistes. Il faut s’en prendre aux politiques de racialisation. Refusons d’accepter l’inacceptable, et d’être les complices ou même les témoins de l’organisation politique de la concurrence généralisée entre les victimes d’un même système inégalitaire.
Le Réseau de Lutte contre le Fascisme Isère organise le samedi 17 janvier, à Voiron, les 8e rencontres départementales « Luttes et Résistance ». Voir le programme en pièce jointe.