Communiqué Solidaires Étudiant-e-s Rennes et intersyndicales ESR : Des étudiant-e-s de l’Université de Rennes agressé-e-s par des fascistes

Le 19 mars 2023, entre 23h40 et 23h50, un groupe de cinq / sept individus cagoulés et armés se sont attaqués à trois étudiantes de l’Université de Rennes 1, à la station de métro Beaulieu. Les trois étudiant-es avaient entrepris de décoller des affiches portant le message « Pour qui sauve la patrie ne viole aucune loi », ainsi que « Pour la nation, pour la civilisation », signée du logo de l’organisation « L’Oriflamme ». A peine les affiches retirées, le groupe est arrivé par surprise et a attaqué deux des étudiantes. L’un d’eux est parvenu à s’enfuir, tandis que l’autre a été roué de coups, alors qu’il était à terre. Malgré le fait qu’il leur a demandé d’arrêter, ils ont continué à lui donner des coups de pied sur l’ensemble de son corps dont des coups de pieds répétés à la tête. Ils l’ont menacé de sortir un couteau s’il ne donnait pas son sac ; ce qu’il a fait. L’une des étudiantes a tenté d’aller chercher de l’aide auprès du Crous, et de passantes, pendant que l’un a appelé la police et est également allé cherché de l’aide auprès de la sécurité de Rennes 1. Les trois victimes ont pu être prises en charge à l’hôpital. Elles sont en état de choc : toutes ont plusieurs jours d’ITT. Deux victimes présentent des entorses et contusions. L’une d’elles présente également des fractures multiples qui nécessitent une opération en urgence.

Il ne s’agissait pas d’une bagarre : les étudiant-es ont tenté de fuir dès l’arrivée du groupe et ont été roué-es de coups sans opposer de résistance. Il s’agissait de trois étudiantes, dont un seul était
syndiqué à Solidaires étudiantes mais ne présentait aucun signe d’une quelconque appartenance à un groupe politique ou un syndicat.
Ces individus anonymes se portent en défense des collages de l’Oriflamme, une organisation fasciste constituée à Rennes en janvier dernier, comme scission de l’organisation royaliste Action
Française. Affichant ouvertement leur radicalité idéologique ultra-nationaliste et identitaire, c’est la première fois que leurs partisans passent à l’acte sur Rennes. Ces événements se sont déroulés peu
après une large rencontre de fascistes à Lyon.
On ne peut laisser se développer des groupuscules d’extrême-droite ultra-violents, prêts à s’attaquer à des étudiant-es n’opposant aucune résistance, sur nos campus et dans nos villes.
Nous appelons la présidence de l’Université de Rennes à condamner fermement ces attaques, commises à la sortie du campus de Beaulieu et visant des étudiant-es de l’université
Nous appelons également chaque organisation locale engagée contre le fascisme à développer activement un réseau de vigilance et d’alerte, à reprendre activement la construction de l’inter-organisation antifasciste rennaise, et apporter un soutien sans faille aux victimes. Contre cette violence gratuite motivée par des idéologies mortifères, ne laissons pas un centimètre de terrain aux nervis d’extrême-droite.

Les organisations syndicales de l’université de Rennes
soussignées, ainsi que l’AG des personnels de l’U mobilisés,
condamnent avec la plus grande fermeté la violente agression
de militants d’un groupuscule d’extrême droite, l’Oriflamme.
Alors que ces trois étudiantes étaient en train de décoller des
affiches ouvertement d’extrême-droite ultra-nationaliste et
identitaire, cinq membres de ce groupuscule les ont roués de
Toutes se sont vu prescrire plusieurs jours d’ITT (Interruption
Temporaire de Travail).
Nos organisations syndicales leur apportent toute leur
solidarité. L’université de Rennes doit apporter la protection
fonctionnelle à ces étudiant-es qui sont par ailleurs vacataires
à l’Université de Rennes. Face à ces faits inacceptables, la
communauté universitaire doit faire bloc pour les chasser de
ses murs !
L’agression contre ces militants syndicalistes s’est faite dans un
contexte d’attaques gouvernementales anti-sociales et liberticides, touchant l’ensemble du mouvement social. Les nervis d’extrême droite n’arrêteront jamais notre détermination à lutter contre la casse sociale du gouvernement et sa violente réforme des retraites.