RLF 38 : Comment le FN de Villeurbanne explique la « préférence nationale » sur son site

Comme tous les mouvements fascistes, le Front National ( « nouveau » ou pas) développe sa  propagande  sur deux niveaux  en même temps : le discours officiel du moment et le discours du « non-dit » . Ainsi le sujet de la « préférence nationale ».

Pour la vitrine médiatique, pour faciliter les rapprochements avec l’UMP,  Le Pen (fille) essaie d’avoir un discours de « gestionnnaire ». Elle  prétend  qu’il n’ y a rien de raciste ni de discriminatoire dans  sa « priorité nationale »  consistant à  accorder la couverture sociale,  le logement  sur le critère de la nationalité.  C’est pourtant un principe contraire à la Constitution. Contraire aux principes de la République (dont elle voudrait pourtant nous faire croire qu’elle les respecte) : Liberté, Egalité , Fraternité.

En parallèle, le FN développe l’autre versant de son discours, celui de  la démagogie du « non-dit » (cf  ces anciennes affiches de Le Pen-père : « Je dis tout haut ce que vous pensez tout bas ») : le « non-dit »  de la rancoeur, des préjugés et et de la haine raciste.

Ainsi, on voit les militants frontistes se répandre partout, se prétendant victimes  et inversant sans honte la réalité, pour désigner des boucs émissaires responsables de tous leurs maux : « le social, c’est que pour les immigrés, les immigrés délinquants,… ils nous envahissent … nous  les français on ne nous donne rien », etc etc…

Rien d’étonnant donc à voir publiés,  sur le site du Front National de Villeurbanne, des dessins où derrière le thème de la « préférence nationale », l’incitation au  racisme est évidente.

L’auteur ? Ce n’est pas un jeune adhérent de base et excité  du FN, mais un cadre de la Fonction publique, âgé de 43 ans, Stéphane Poncet. Désigné par le FN pour être candidat aux législatives de juin 2012.  Secrétaire fédéral adjoint du FN du Rhône.

Sitôt que la presse a fait savoir ces  flagrantes provocations à la haine raciale, les hautes autorités du FN ont donné l’ordre de les retirer du site de Villeurbanne : le « non-dit » raciste s’entendait  trop fort en pleine « opération dédiabolisation ».

Le secrétaire départemental, Christophe Boudot,  soutient  Poncet : « Les accusations de racisme portées contre Stéphane Poncet tiennent plus de la chasse aux sorcières qu’autre chose » (Lyon-Mag).   » On est pour la préférence nationale. Ça peut être illustré en dessin » (Lyon Capitale ).

Quant à Bruno Bilde, chef de cabinet de de MLP, il minimise, laissant entendre que le cadre FN du Rhône ne sera pas exclu :  » On en a trop fait sur cette affaire ». (Lyon Capitale)

En pleine « opération maquillage  et dédiabolisation », en pleine collecte de signatures de maire, et juste après le scandale de sa participation à un bal organisé par des néo-nazis en Autriche, Le Pen-fille  ne pouvait que condamner devant les médias ces dessins de S. Poncet.  « Ignobles », « faute politique »,  a-t-elle déclaré.  Il ne s’agit que d’une condamnation  de forme. Pas de condamnation du fond, càd  l’encouragement  au racisme que  véhiculent  les « oeuvres » de ce responsable FN .

Encore moins une condamnation  de la « préférence nationale » que ces dessins illustrent : cette « priorité nationale », maquillage de la xénophobie, qui est au centre de toute la propagande et de l’idéologie du FN, au centre de tous les discours de Marine Le Pen.

Source : Ras l’fron – Isère