À la veille de la mobilisation contre la réforme des retraites, le Rassemblement national veut encore une fois apparaître comme un parti qui serait du côté des salarié·es et des travailleurs·euses précaires. C’est une imposture ! Le RN a changé plusieurs fois de positionnement sur les retraites et a abandonné la revendication de la retraite à 60 ans. Pire, il demande des augmentations de salaires… en échange de baisses des cotisations patronales… qui servent à financer, les retraites !
Ses positionnements et votes à l’Assemblée nationale :
- Salaires
Contre l’augmentation du SMIC
Contre l’indexation des salaires sur l’inflation
Contre l’encadrement des salaires
- Pouvoir d’achat
Contre le blocage des prix des produits de première nécessité
Contre la gratuité des cantines et fournitures scolaires pour les plus modestes
Contre la valorisation des petites retraites
Contre la garantie d’autonomie jeunes à 1063 euros
Contre le gel des prix des loyers
Contre l’augmentation des hébergements d’urgence
- Travail
Pour la fin des droits au chômage après abandon de poste
Pour la fin des allocations chômage si refus d’un CDI à la fin d’un CDD
Pour la réduction des droits au chômage des étrangers hors Union européenne
Pour l’interdiction de la présence des étrangers au sein des instances représentatives des entreprises
Pour la limitation du droit de vote des travailleurs précaires aux élections professionnelles
- Écologie
Contre la taxation des yachts et jets privés
Contre la suppression de la niche fiscale du kérosène aérien
- Fiscalité
Contre une taxe sur les revenus supérieurs à 3 millions d’euros
Contre une taxe sur les superprofits
Contre l’augmentation de la TVA sur les produits de luxe
Contre la hausse des moyens pour lutter contre la fraude fiscale
Contre le rétablissement de l’ISF
Pour la hausse du plafond de défiscalisation des heures supplémentaires
Pour la baisse des impôts de production (CVAE)
- Éducation – culture
Contre la gratuité des fournitures scolaires pour les plus modestes
Contre l’achat de mangas avec le « pass culture »
Contre l’augmentation du budget des universités
Pour l’interdiction de l’écriture inclusive
- Services publics
Contre le recrutement de sapeurs-pompiers et la revalorisation de leurs salaires
Contre l’attribution d’un milliard d’euros dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes
LE PEN, RETRAITES L’IMPOSTURE SOCIALE
Présentée par les médias comme opposante au recul de l’âge de départ en retraite, ses revirements et son programme économique conforme à la doxa libérale prouvent le contraire. Promesse phare de son programme de 2017, la retraite à 60 ans a été rayée d’un trait de plume par la candidate d’extrême droite. Après l’abandon de la sortie de l’euro, ses mesures fiscales ou les exonérations de cotisations promises aux patrons, c’est une étape de plus vers un retour à la ligne libérale pure et dure de son père. Son entourage tente de minimiser, plaidant une simple « inflexion » liée au contexte budgétaire post-crise sanitaire.
Quand bien même elle maintiendrait le départ à 62 ans, qui est déjà injuste, son système ne tiendrait pas longtemps, car il assèche le principe de cotisation sociale, notamment en exonérant les patrons. Quid du « salaire différé » et de la redistribution des richesses produites par le travail ?
Au final, ce genre de mesures aboutit à une baisse des « prestations sociales », dans la droite ligne de la politique menée par Emmanuel Macron.
Source : Les économistes atterrés