À la veille de l’été, le Rassemblement national (RN) se voyait déjà à Matignon… Or, la réaction du pays fut exemplaire avec une gauche unie qui a su prendre ses responsabilités et une large majorité de citoyen.nes qui ont su dire « non » à l’extrême droite !
Oui, mais voilà… depuis nous sommes passés du front républicain au « bras d’honneur » à la démocratie d’un président irresponsable, qui n’a pas hésité à tourner le dos à la tradition républicaine voulant que la coalition arrivée en tête constitue un gouvernement… ce dernier faisant le choix d’un Premier ministre dont le parti a fait 6 % des voix et qui se retrouve dans la main du RN ! Si d’aucuns devaient en douter, le récent changement de pied de M. Barnier qui, encore le 03-10, considérait qu’une nouvelle loi sur l’immigration ne se justifiait pas, « des progrès étant dans le cadre de la loi actuelle » dont l’encre est à peine sèche… dit tout ou à peu près. En effet, il aura suffit que M. Le Pen menace le gouvernement de censure concernant le projet de budget, pour qu’en deux jours le Premier ministre annonce une nouvelle loi immigration début 2025… comme attendu par… le RN ! D’ailleurs, J. Bardella ne s’y est pas trompé se félicitant le 14-10 du fait que « plus rien ne peut se faire sans nous au Parlement » !
Qu’ajouter ? Qu’il ne fait aucun doute que l’extrême droite (ED) reste plus que jamais « aux portes du pouvoir » – pour ne pas dire qu’il a déjà hélas un pied dedans – , qu’en conséquence tout reste à faire et à entreprendre pour combattre pied à pied cette idéologie d’exclusion, nationaliste et raciste, qui prospère sur l’ignorance, les frustrations et le ressentiment. C’est en ce sens que le SNETAP-FSU a préparé ce dossier sur l’ED, outil de réflexion et d’action, à partir de notre champ de responsabilité – au sommaire : jeunesse, école, perméabilité du monde rural, combats syndicaux à mener…
Le combat qui s’ouvre, c’est celui du budget… avec deux mois de débats parlementaires sous haute tension avec un projet austéritaire sur fond d’insincérité manifeste quant au déficit généré par un macronisme finissant. Nous ne lâcherons rien car porter les revendications sur l’amélioration des conditions de travail des personnels (contre leur dégradation annoncée), et se battre collectivement pour « reconquérir » la capacité à influer sur son travail, son métier, c’est aussi lutter contre une ED qui prospère sur la prolétarisation, la précarisation et la caporalisation de nos professions !
Lire le dossier pages 4 à 9 :