Article SDAS FO 35 : Quand la fascisation de la police prépare le retour de la peste brune : la résistance syndicale ouvrière s’impose

Nous autres Force Ouvrière FO Action sociale 35 animons le CDAS, Comité Départemental Antifasciste Syndicaliste, créé en 2016 au moment de la loi travail pour dénoncer l’aggravation des violences policières et à sa suite l’accélération de la montée des idéologies du rejet de l’autre le racisme, la xénophobie, le sexisme, l’antisémitisme, l’homophobie.

La terrible répression policière s’est abattue peu après sur la révolte des gilets jaunes, puis sur le mouvement social refusant la loi Macron de la retraite pour les morts à 64 ans.

Enfin la révolte de la jeunesse en juin 2023, suite à l’ abjecte exécution de Nahel, jeune de 17 ans a elle aussi été réprimée dans le sang.

Aimène 25 ans se prend à Mont Saint Martin, le 30 juin 2023, une « Bean bag » du raid en pleine tête, il est toujours dans le coma.

Le 1er juillet 2023, à Marseille, Hedi reçoit une « LBD » dans la tête encore, tabassé par les policiers, ceux-ci organisent la sédition à l’encontre d’un seul magistrat courageux qui a enfin mis en détention l’un d’entre eux pour ces violences aggravées.

Les syndicats corporatistes et factieux de la police mettent la pression sur la justice pour bénéficier d’une impunité totale lorsqu’ils commettent des crimes racistes et sécuritaires, avec l’aide active de militaires ou de milices de l’ultra droite comme à Lorient, lors de cette révolte de la jeunesse.

Ce soulèvement du travail et de la jeunesse énonce une revendication essentielle : pas de justice pas de paix, pas de retrait pas de paix !

No Pasaran 64 ans ! No Pasaran le fascisme !

On ne veut pas crever au boulot, dans la rue, c’est pour cela que nous refusons d’être de la chair à patrons, de la chair à canons, de la chair à policiers, véritables chiens de garde du capital.
Nous condamnons les 3000 interpellations, les 1556 condamnations expéditives et les plus de 600 incarcérations de jeunes suite au soulèvement de nos quartiers populaires.
Nous savons qu’un égyptien de 56 ans est mort le 26 juin 2023 au CRA centre de rétention administrative de Vincennes, centres dont nous exigeons les fermetures immédiates.

Notre syndicalisme libre et indépendant est internationaliste, il combat le racisme, la xénophobie systémique dans la police, l’armée, mais aussi dans certains quartiers et certaines entreprises.
Partout dans le monde : une seule classe ouvrière organisée pour obtenir des conquêtes syndicales.

Face aux heures sombres, la nuit ne doit pas tomber sur l’Hexagone: rallumons les consciences et les étoiles pour le progrès social et les libertés publiques.

Devant la montée des périls de la guerre et du nationalisme, notre syndicalisme antifasciste est social, radical et moral.

Il est radical parce qu’il s’attaque à la racine du malheur : le capitalisme en restructuration lorsqu’ils se sent remis en cause par nos forces ouvrières et démocratiques a toujours recours à la contre- révolution préventive du fascisme.

Il est social attaché à la redistribution des richesses, à la Concorde universelle par l’égalité économique.

Il est moral attaché à la mémoire émancipatrice et fertile refusant le bruit des bottes militaristes machistes et le silence complice des pantoufles bureaucratiques conformistes: l’aspiration à la sécurité économique du bienêtre et de l’entraide populaire est irréfragable.

Alerté sur le péril absolu: « Nous tous, nous serons écrasés sous le talon de fer d’un despotisme aussi implacable et terrible aucun de ceux dont furent souillés les pages de l’histoire humaine » Jack London.

L’arme des fascistes c’est la guerre civile et le coup d’état nationaliste. L’outil des syndicalistes c’est la grève générale et l’auto organisation ouvrière.

Léon Jouhaux, futur fondateur de la CGT-Force Ouvrière, alors secrétaire général de la CGT, le savait, il déclenche la grève générale le 12 février 1934, fait échec à la tentative de coup d’État fasciste du 6 février 34.

La conscience ouvrière conquise à travers cette lutte antifasciste forgera les tripes et les neurones, les burnes et les ovaires des femmes et des hommes qui occuperont ensuite les usines de juin à août 1936 , arrachant au capitalisme les premiers congés payés et des acquis sociaux très importants, comme le contre-pouvoir syndical dans les entreprises.

Ce qui a été possible hier doit le redevenir à nouveau demain.
Clara Zetkin avait raison, la solution fasciste et nationaliste est : « l’expression de la décadence de l’économie capitaliste ».

À la suite de la militante révolutionnaire Zetkin, Radek ajoute: « la dictature fasciste ce sont des cercles de fer sur lesquels la bourgeoisie essaie de consolider le tonneau défoncé du capitalisme », tonneau planétaire que la prédation capitaliste accule l’éclatement suicidaire.

Lucides nous autres syndicalistes antifascistes savons que nous ne devons compter que sur nous- mêmes :

la république universelle toujours, la révolution sociale d’abord, la revendication syndicale tout de suite l’auto défense ouvrière maintenant !

Nous ne nous berçons d’aucune illusion: l’État bourgeois n’est pas neutre, il déploiera des trésors d’indulgence pour les bandes identitaires, pour les militaires et les policiers factieux, en revanche nos groupes de protections et sections syndicales seront régulièrement, durement réprimés.

Cette résistance en acte est légitime, elle ne peut pas s’appuyer sur une légalité étroite et réactionnaire pour et par elle-même l’autonomie d’action de l’organisation syndicale est absolument cruciale.

Notre action syndicale est quotidienne, il s’agit d’une « besogne obscure et féconde » (Fernand Pelloutier). Elle n’est pas dans l’effet d’annonces, dans la propagande populiste, elle ne dispose pas des moyens des médias aux ordres du patronat. Elle construit l’action collective pour obtenir des améliorations immédiates des conditions de vie et de travail. C’est par l’entraide syndicale que les uns et les autres prennent soin du lien social et du contrat collectif, défendu par Roger Sandri (CGT- FO).

Notre action syndicale est humble et scientifique, elle ne méprise pas les populations et les masses populaires, et elle ne cherche pas à les abuser par des thèses complotistes, conspirationnistes, simplistes, scientistes et démagogues. L’industrialisme numérique accélère l’isolement des individus dans une multitude désocialisée : il revient aux syndicalistes de fédérer les luttes, la liberté individuelle ne saurait être l’isolement Bunkerisé, propice à la perte de la conscience de classes et aux ferments des idéologies fascisantes.

Notre action syndicale est égalitaire, solidaire, populaire, écologiste et féministe. Libertaire parce que anti autoritaire elle refuse toutes les discriminations sous tous ces aspects notamment le validisme, l’âgisme et le genrisme.

Le but de l’action syndicale est l’émancipation intégrale et l’élévation intellectuelle par le partage des connaissances, l’échange de savoirs, le respect mutuel, la culture de soi-même, sans surplomb ni suffisance, sans mépris d’autrui.

L’action syndicale est rationnelle et laïque, elle est indépendante de toutes les religions, de toutes les formes de patronat, de toutes les formes étatiques. Elle ne reconnaît ni Dieu ni maître, mais uniquement le mandat librement débattu et décidé, c’est sa seule raison d’être.

Elle considère les partis politiques comme un groupement d’opinions, alors que l’organisation syndicale indépendante est un groupement d’intérêts matériels et moraux, individuels et collectifs.

Notre syndicalisme se réclame de la Charte d’Amiens, celle-ci reconnaît la nécessité de la lutte des classes. La tâche essentielle dévolue au syndicalisme ouvrier conscient est l’abolition de l’exploitation de l’être humain par l’être humain. Cela nécessite l’abolition du salariat et du patronat, la gestion directe ouvrière et fédéraliste des moyens de production et consommation par les salariés eux-mêmes.

L’entraide collective s’oppose à toute forme de culte du chef ou de la personnalité, la pensée égalitaire est permanente, garante de la solidarité syndicale.

Ce syndicalisme est antifasciste parce qu’il est d’abord anticapitaliste, il s’oppose à une vision d’un État national corporatiste, il refuse l’alliance capital travail qui entrave l’avènement d’un autre futur égalitaire, désirable. Sa responsabilité syndicale est la défense d’une société plus

habitable et plus solidaire pour l’ensemble de l’humanité.
Le syndicalisme antifasciste est étranger au nationalisme, l’idéal de la Concorde humaine est toute

contenue dans l’internationalisme des travailleuses et des travailleurs : la patrie du syndicaliste c’est le monde entier.

Le droit des populations à disposer d’elles-mêmes est imprescriptible: nulle domination impérialiste n’est acceptable.

Le syndicalisme antifasciste est laïque il ne confie pas son sort aux mains des représentants des religions ni à leurs relais parlementaires. Ce combat syndical laïque est une conquête de haute lutte contre tous les interdits religieux qui viennent opprimer la liberté d’être et de comportements, la liberté de conscience et d’opinions.

Ce syndicalisme antifasciste ne promeut aucun modèle patriarcal ou matriarcal qui viserait la domination politique des êtres humains. Le soutien à la parentalité ne vise que l’épanouissement de l’enfant, être en devenir il n’appartient ni à l’État, ni à sa famille mais à sa future liberté, dans le respect mutuel des autres et de leurs besoins fondamentaux inaliénables de nourriture, de vêture, de logement, de sécurité sociale et affective.