Personne n’avait vu arriver leur colère, pourtant depuis près d’un mois les lycéen · nes et étudiant · es l’expriment sous diverses formes.
Derrière leur créativité, des revendications sérieuses simples et claires. Mais aussi une angoisse forte et légitime face à l’avenir : conditions d’étude, entrée dans le monde du travail, salaires, changement climatique …
On assiste enfin à une grande solidarité entre les jeunes, la lutte contre le racisme, le fascisme et les discriminations sont au coeur de la mobilisation : « Siamo tutti antifascisti » et ,«la jeunesse emmerde le Front National », sont entendus dans toutes les manifs.
En face, un gouvernement évoluant dans un monde parallèle totalement sourd à leurs revendications, et exerçant sur des mineur.es une répression sans pareil via un usage disproportionné de la force : grenades lacrymogènes, matraques, grenades de désencerclement, gardes à vue musclées… Les violences policières atteignant l’innommable quand certains.es sont mutilé · es ou éborgné · es.
La répression s’exerce aussi par divers moyens administratifs : fermetures, cours à distance, exclusions dans le privé sous contrat, pour mieux museler la jeunesse et la mettre au pas. Des arrêtés préfectoraux liberticides interdisant des rassemblements ont été contestés en référé liberté par le SAF et des syndicats CGT, Solidaires, FSU et FO en tant que partie intervenante.
En même temps, l’explosion du prix des carburants, les salaires trop bas, et le délitement des services publics ont réveillé une autre colère : celle des Gilets Jaunes qui avaient fixé la date du 17 octobre en point d’orgue. Date à laquelle a aussi appelé à se mobiliser, une partie des organisations syndicales, déjà satisfaites d’une belle journée de mobilisation le 29 septembre.
Et il y avait du monde le 17 octobre, une foule de 800 000 personnes s’est massée dans les rues de nombreuses villes du pays, en manifestant dans une ambiance festive. Médiatiquement, les dégradations émaillant certains parcours ont très vite éclipsé la mobilisation et ses motifs. La stratégie de maintien de l’ordre pose alors question : pourquoi avoir encore une fois gazé, nassé, blessé les manifestant.es avant même parfois que certains parcours démarrent ?
Au lendemain, les dégradations et les pillages font la une de tous les médias, permettant d’alimenter l’argumentaire du tout répressif : couvre-feu, interdictions de rassemblements…