La lutte des travailleurs sans papiers s’étend dans l’intérim

VISA fait le point sur la situation :

L’intérim emploie plus de 10 000 sans-papiers à Paris. Depuis l’été, le mouvement des travailleurs sans papiers ne touche plus seulement les salariés permanents. Les intérimaires, à leur tour, ont décidé de sortir de l’ombre. Toutes ces mobilisations rappelées ci-après sont principalement soutenues par la CGT et l’Union syndicale Solidaires.

A Paris, après ManBTP le 3 juin et Perfect Intérim le 16 juin, les sans-papiers intérimaires de la société CAPI dans le 12ème arrondissement ont rejoint le mouvement le 2 juillet. Le lendemain, 50 puis 70 sans-papiers intérimaires de Man BTP (rue St Vincent de Paul dans le 10ème près de la gare du Nord) ont cessé le travail et occupaient leur entreprise…

Le mois d’août s’est caractérisé par l’occupation du centre de traitement d’ordures ménagères de Romainville (93) qui a permisde mettre au grand jour la complicité d’une importante entreprise de travail temporaire, START PEOPLE, avec les grands groupes industriels.

Le 4 septembre à 15 h, plus de 200 personnes se sont rassemblées à proximité des sièges des sociétés MANPOWER et ADECCO à Paris en soutien aux salariés intérimaires sans-papiers. La présence des forces dites « de l’ordre », n’a pas empêché une action de solidarité avec des salariés doublement pénalisés par la précarité et l’exclusion.

Jeudi 18 septembre 2008, des travailleurs sans-papiers ont occupé l’agence de travail temporaire MANPOWER de la rue Parrot dans le 12ème arrondissement de Paris. Deux nouvelles antennes d’entreprises d’intérim, Adecco et Vediorbis, sont occupées depuis le 30 septembre. En outre, dans le BTP, mais aussi le nettoyage, ou l’industrie du livre, d’autres intérimaires se joignent aujourd’hui au piquet de grève de leurs collègues salariés permanents. Conscients que les agences d’intérim ne pouvaient obtenir leur régularisation, les grévistes ont interpellé les grands donneurs d’ordres du BTP. Si certains admettent qu’ils ne peuvent occulter le problème, d’autres restent silencieux.

Le 6 octobre, Vinci, grand donneur d’ordres du BTP, a reçu 85 travailleurs sans papiers qui occupent, depuis le 3 juin, l’agence d’intérim ManBTP à Paris. Au cours de cette journée, chacun de ces anciens intérimaires s’est vu accorder un entretien de « prérecrutement« . Vingt-six en sont ressortis avec une promesse écrite d’embauche en CDI par une des filiales franciliennes du groupe, sous réserve de leur régularisation. Cependant, sur le millier d’étrangers régularisés depuis le début du mouvement il y a six mois, on compte seulement neuf intérimaires de la société RS Intérim à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Toutes les autres demandes sont bloquées. Les conditions posées par l’Etat sont strictes et intangibles : cinq ans de présence sur le territoire, douze mois de travail continu dans la même société, et une promesse de CDD d’un an ou de CDI. Or par définition, les intérimaires enchaînent les missions : rares sont ceux qui travaillent douze mois de suite pour la même société.

Les grands groupes du BTP, le patronat de l’intérim et les réseaux de sous-traitance participent à l’unisson dans l’organisation de cet esclavage moderne. Ils savent qu’ils pourront tirer un maximum de profit en disposant d’une main d’œuvre malléable et corvéable parce qu’elle survit sous la menace. Face à la solution inhumaine du traitement au cas par cas soutenue par le gouvernement, le mouvement syndical et les travailleurs sans papiers doivent continuer leur lutte pour la régularisation.

Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici ! C’est pourtant simple à comprendre !

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