Depuis le premier septembre 2011 le Conseil Général de la Seine St Denis ne prend plus en charge les mineurs étrangers isolés. Cette décision lourde de conséquences fait suite à un bras de fer entre le C.G 93, et l’état (par l’intermédiaire du ministre de la justice) concernant le financement nécessaire à la prise en charge et au suivi éducatif de ces mineurs.
Il y a déjà plusieurs mois que le Conseil Général de Seine St Denis 93 avait annoncé qu’il suspendrait la prise en charge de ces jeunes a partir du 1e Septembre si l’état ne s’engageait pas à financer une partie de ces prise en charges et du suivi éducatif, à hauteur de 25 millions d’euros par an (chiffre bien inférieur au coût réel de revient).
Ce bras de fer a conduit, depuis le premier septembre, à la prise en charge de ces mineurs par la PJJ de Seine St Denis. Ainsi les collègues du SEAT sont amenés à rencontrer ces mineurs et à tenter de leur trouver une place dans le réseau de foyers à leur disposition (associatifs et secteur public). Rapidement les structures de placement furent saturées; le flux de mineurs dépassant largement les capacités d’accueil des hébergements. Les mineurs étrangers isolés se retrouvent donc sans solution et nos collègues du SEAT n’ont guère d’autres possibilités que de leur demander de revenir le lendemain. Ainsi, ces adolescents repartent le soir dans la rue avec un ticket de métro et un ticket restaurant. Certains reviennent tous les jours au tribunal depuis le 14 septembre. Ces jeunes sont épuisés, dorment dehors, ont faim et besoin d’hygiène comme de soutien et d’accompagnement.
Ainsi la sixième puissance économique mondiale n’a rien d’autre à proposer à ces gamins, que la rue… Ce scandale s’amplifie puisque le nombre de mineurs est supérieur au nombre de places disponibles. Si certains mineurs se représentent plusieurs fois au SEAT c’est dans l’espoir de se voir, au final, proposer une solution, après plusieurs nuits dehors. Ainsi, le vendredi 23 septembre à 18 heures, c’est une DIZAINE de mineurs qui était sans solution et s’en sont retournée dans la rue.
C’est une maltraitance encore plus inacceptable pour de jeunes mineurs qui, du fait de leur errance, ont souvent subi violence et sévices. Au-delà de son caractère révoltant, cette situation met les professionnels de la PJJ dans une impasse professionnelle totale. Elle met en grandes difficultés tous les collègues qui tentent courageusement de les aider du mieux qu’ils peuvent, que ce soit au SEAT ou dans les hébergements PJJ qui prennent en charge ces gamins.
Ce scandale dure depuis le 1er septembre, au mépris des textes comme celui de la Convention Internationale de Droits de l’Enfant que la France a pourtant ratifié. Des solutions sont pourtant évidentes : l’état peut fournir le montant nécessaire (25 millions). D’autres solutions sont envisageables comme une solidarité régionale avec un soutien financier des départements de la région qui ne sont que peu confrontés aux problèmes, de manière à ce que le Conseil Général de seine St Denis 9 ne se retrouve pas seul face a ces difficultés.
Les logiques comptables, les calculs électoralistes et la médiocrité politique ont des limites. En traitant ces enfants de la sorte, nos institutions s’avilissent. Le SNPES-PJJ-FSU avec l’ensemble des associations et organisations syndicales concernées fera tout son possible pour que cette situation cesse le plus rapidement possible et n’exclut aucun mode d’action ou de mobilisation, intersyndicale, juridique, ou autre.