Les élections départementales avaient validé la stratégie de Marine Le Pen d’ancrage dans les villes et les villages. Aujourd’hui, les élections présidentielles ont hissé le Front National au cap des 10 millions de voix au second tour. Estompant la figure sulfureuse du fondateur pour laisser place à celle plus policée de la candidate respectable, Marine Le Pen a flirté avec l’accession suprême. L’extrême droite prospère sur le terrain de la désespérance sociale et des promesses non tenues, elle digère les mécontentements pour désigner les boucs émissaires : l’immigré.e, le et la musulman.e, les partis politiques, l’Europe …
La difficile émergence d’alternatives politiques aux politiques libérales, l’amalgame musulman.e et terroriste, l’aggravation de la situation sociale des travailleurs.euses du privé comme du public, des chômeurs.euses, des jeunes et des retraité.es fournissent un terreau idéal. Il est de la responsabilité des Organisations Syndicales de mettre les salariées et les salariés en garde contre l’imposture sociale du FN qui cultive le rejet de l’autre et la division.
L’élection d’Emmanuel Macron officialise la prise de pouvoir des forces libérales. La précarité est inscrite dans les politiques des gouvernements de droite, de ceux dits de gauche et aujourd’hui de celui qui s’affiche de droite et de gauche. Déclassés, relégués, bafoués, des travailleuses et des travailleurs se sentent abandonnés par des syndicats jugés incapables d’endiguer les reculs sociaux. De notre place de militants syndicalistes, la première des conditions pour stopper l’ascension du FN passe par la réussite d’une mobilisation sociale permettant la reconquête d’acquis sociaux détruits par les politiques d’austérité. La progression de l’extrême droite n’est pas inéluctable et l’action syndicale a son role à tenir. Au sein de la FSU, le SNPES-PJJ lutte collectivement contre l’implantation et l’audience de l’extrême droite dans le monde du travail. Nous défendrons sans cesse la nécessaire solidarité entre toutes les travailleuses et de tous les travailleurs, quelle que soit leur origine ou leur statut. Pour ce faire, il faut informer sur les dangers et le développement de l’extrême droite en France, en Europe et dans le monde, analyser de manière critique les propositions dites sociales, dénoncer les discriminations sexistes et homophobes et s’inscrire dans les actions de solidarité avec les sans-papiers, les migrant.es et les réfugié.es. Notre lutte contre l’idéologie de l’extrême droite s’inscrit dans le quotidien des unités et des services. A l’occasion des débats dans l’institution sur la mise en place d’une formation spécifique sur la laïcité et le fait religieux ainsi que sur la question de la sécurisation des locaux, ont émergé des paroles qui présupposent que les mineur.es dont nous avons la charge et leur famille pourraient être une nouvelle classe dangereuse. Notre positionnement syndical doit permettre de rester en alerte devant cette logique de stigmatisation mais l’idéologie portée continue de traverser une partie du discours institutionnel. Des personnels peuvent ainsi être habités par un fort sentiment d’échec et le danger existe de se laisser abuser par des discours discriminants, notamment du fait des pressions exercées par peur du danger sur les professionnel.les concernés qui ne laisse que peu de place à la distanciation face à des phénomènes inquiétants.
La défense inconditionnelle de l’esprit de l’Ordonnance de 45 doit permettre de sortir de ce cercle vicieux. Il est primordial de rappeler le sens de notre métier et de porter au sein des équipes les valeurs humanistes qui fondent notre action : primauté de l’éducation sur la sanction, impérieuse nécessité d’un regard bienveillant sur les mineur.es et leur famille quelle que soit leur problématique …
À la veille des élections législatives,
le SNPES-PJJ/FSU appelle à faire barrage à l’extrême droite et aux politiques libérales.
Assurer une mission d’éducation auprès de la jeunesse dans notre société libérale, c’est dénoncer les conséquences désastreuses des politiques sécuritaires, c’est dénoncer le racisme et la précarité, c’est faire reculer l’extrême droite et l’ubérisation du monde
Syndicat National des Personnels de l’Éducation et du Social Protection Judiciaire de la Jeunesse (FSU)