Il n’y a pas de trêve électorale pour l’extrême droite quand il s’agit de s’attaquer à des salariés qui relèvent la tête ou simplement se défendent face aux imposteurs qui prétendent être le « parti du peuple ». Les deux exemples, à Cassis (13) et Hénin-Beaumont (62), passés largement inaperçus dans le brouhaha électoral, sont pourtant riches d’enseignements d’abord pour tous les syndicalistes, et au-delà pour tous les salariés.
A Cassis, c’est un postier, Nadir Terki, qui, en avril, est la victime de provocations répétées par des fascistes. Ceux ci, issus de la mouvance identitaire, distribuent des tracts pour le FN et essayent de profiter de la présence du postier pour s’introduire et tracter dans les immeubles. Très vite les insultes racistes fusent contre Nadir ainsi que des menaces physiques et un harcèlement qui va jusqu’ à l’attendre devant son bureau de poste. Tout est entrepris pour le faire » craquer « . Ainsi, lorsqu’il répond verbalement à ses agresseurs, ceux-ci le filment et font circuler la vidéo sur internet.
C’est le moment choisi par Ravier, maire FN du 13 ème et 14 ème arrondissement de Marseille, pour intervenir auprès de la Direction de la Poste et lui demander … de mettre à pied le facteur. Honteusement celle-ci s’exécute et convoque le postier devant un conseil de discipline en vue d’un licenciement !
Face à ces provocations et la complicité de la Poste, la riposte syndicale s’organise : la CGT FAPT 13, SUD PTT 13, SOLIDAIRES 13, et l’UD CGT 13 envoient des motions et alertent le personnel par tracts (voir pdf ci-dessous) ; VISA 13 prend aussi sa place dans ce combat (voir pdf ci-dessous). Les syndicats lancent un appel à se rassembler devant le conseil de discipline, avec préavis de grève, pour soutenir leur collègue. La mobilisation unitaire a payé : Au dernier moment le conseil de discipline est annulé et la Poste renonce à toute sanction : Nadir Terki a retrouvé son poste de facteur !
A Hénin – Beaumont, « vitrine » du Front National, c’est une toute autre histoire qui se joue et qui est rapportée dans ‘La Voix du Nord’ du 7 avril 2017. René Gobert y est agent municipal et Secrétaire du syndicat CGT des Territoriaux Héninois. En février 2016 le syndicat sort un tract qui dénonce l’installation de caméras de surveillance à l’Hôtel de Ville. Cela ne plait pas à la mairie ni aux « anonymes » qui sévissent sur une page facebook, «la voix d’Hénin», et attaquent violemment et régulièrement le syndicaliste.
La vindicte de la mairie s’est mise en route : Le 1er juin 2016, René Gobert qui est animateur dans une maison de quartier est muté aux services techniques comme … agent d’entretien. Ensuite, parce qu’il avait dénoncé fortement des élus municipaux sur facebook, ceux-ci demandent au conseil municipal de bénéficier de la « protection fonctionnelle » et déposent plainte contre lui au pénal pour diffamation. Une perquisition a même lieu à son domicile ! La mairie l’accuse aussi d’avoir proféré des menaces de mort et de ne pas avoir respecté son devoir de réserve.
Traduit devant la commission de discipline des Territoriaux, celle- ci, unanime, se prononce pour un simple blâme en novembre 2016. Bien sûr, pour la mairie FN cette sanction est insuffisante et elle passe outre : René Gobert est révoqué le 8 mars 2017. La direction des » ressources humaines » de la mairie lui explique qu’il n’a droit à aucun salaire ni congés payés. Il a refusé de signer son arrêté de révocation et est en arrêt maladie depuis 10 mois. Il a fait appel devant la commission de recours et est soutenu par la Fédération CGT des Services Publics qui a dénoncé « cette mesure autoritaire et révélatrice de la véritable nature du Front National »
Ces deux affaires, au dénouement, pour le moment, bien différent, prouvent l’importance d’une mobilisation large et unitaire de tous les salariés et syndicats concernés pour mettre en échec les provocations du FN et de ses complices. Elle éclaire aussi d’un jour cru le danger que représente le parti frontiste quand il est aux affaires et se retrouve dans la position d’employeur comme à la mairie d’Hénin-Beaumont : son comportement donne un petit aperçu de ce qu’il ferait, de façon décuplée, s’il accédait à un pouvoir national.
Un autre enseignement nous vient de l’attitude de la Direction de la Poste dans l’affaire de Cassis. En se couchant devant le Maire FN, Ravier, elle a sans doute pensé pouvoir se débarrasser d’un salarié à bon compte … Sa complicité avec le FN dans cette affaire nous rappelle que, aujourd’hui comme hier, il y a toujours des décideurs économiques et des grands patrons qui pensent « utiliser » les fascistes à leur profit. Au final, Ils ne font que les renforcer et les légitimer. Voilà une raison de plus, pour les salariés et leurs syndicats, de ne faire confiance qu’à leur propre mobilisation contre le danger mortel que représente l’extrême droite et contre tous ses complices qui lui font la courte échelle.
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