FN 2017 : Vieilles idées et nouveaux habits … Une analyse de la CGT

Des décennies de pression sur le monde du travail, de politiques ultralibérales en faveur des riches et des détenteurs de capitaux, de promesses non tenues et de reculs sociaux sont à l’origine de la déception et de la grande amertume de pans entiers de la population, surtout les salariés, les privés d’emploi et les retraités à faibles revenus. Le sentiment de trahison, la peur du déclassement, l’insécurité sociale constituent un terreau propice à la progression des idées d’extrême droite et expliquent, dans une très large mesure, la hausse des suffrages en faveur du FN.

 

Pourtant, la vision de société défendue par le parti d’extrême droite s’oppose profondément aux intérêts du monde du travail. Fondée sur une analyse du discours et des documents officiels du FN, cette note vise à démontrer les réalités suivantes :

 

• les politiques décevantes des gouvernements successifs expliquent largement la poussée de l’extrême droite ;

• le FN surfe sur les souffrances des gens, surtout les plus démunis, et emploie des mots et formules qui leur parlent ;

• en dépit d’un changement de style, de stratégie et de tactiques, le FN porte une vision de société qui est :

– contraire aux intérêts des travailleurs/ travailleuses,

– pro-capitaliste,

– anti-immigré-e-s, xénophobe et colonialiste ;

• derrière l’image « moderne » de Marine Le Pen se cache un  conservatisme sociétal.

 

Pourquoi le syndicalisme doit lutter contre l’extrême droite

 

Dans une société capitaliste, les idées, les doctrines, les programmes servent, en dernière analyse, à l’une des deux classes qui s’opposent : soit les défenseurs du travail, soit les défenseurs du capital. Une force politique ne peut pas à la fois défendre les intérêts des travailleurs/travailleuses et ceux des détenteurs de capitaux. Si son programme défend les intérêts de ces derniers tout en prétendant défendre les intérêts des travailleurs/travailleuses, ce qui est le cas du FN, cela veut dire que les slogans en faveur des travailleurs/travailleuses servent à camoufler la défense des intérêts du capital. Autrement dit, il s’agit d’une tactique démagogique pour mobiliser les gens, notamment les travailleurs/travailleuses, au service des intérêts du Capital.

 

L’histoire du XXe siècle, particulièrement entre les deux guerres mondiales, est l’exemple le plus criant de cet état de fait. Pour analyser le programme de l’extrême droite et expliquer sa montée, il faut par conséquent contextualiser les faits.

 

Le contexte actuel est marqué par une « mondialisation libérale », une financiarisation galopante de l’économie. En effet, les nouvelles technologies rendent possible la segmentation des processus productifs. Cela conduit à la fermeture des sites et à la délocalisation de pans entiers de la production, avec des conséquences directes sur l’emploi, les salaires, les conditions du travail et les acquis sociaux (remise en cause des droits, etc.).

 

Pour leur part, les décisions politiques d’inspiration libérale (déréglementation, libéralisation, privatisation…) facilitent la mise en concurrence des travailleurs/travailleuses à travers le monde. Les orientations antisociales et libérales des traités européens vont aussi dans ce sens. Ces politiques conduisent à une fiscalité favorable aux riches et au capital et à la réduction des dépenses publiques utiles (dans l’éducation, la santé, le logement, etc.), avec des conséquences directes sur la vie des ménages, surtout ceux à revenus modestes.

 

Enfin, un partage des richesses de plus en plus favorable aux détenteurs de capitaux, qui résulte de ces évolutions, entraîne un rythme de croissance plus faible de l’activité économique dans les pays développés, un chômage massif, une précarité en progression, un appauvrissement du salariat, un creusement des inégalités. L’ensemble de ces processus intensifie la peur du déclassement et le sentiment d’insécurité, surtout parmi les travailleurs/travailleuses, à la recherche de plus de sécurité.

 

Cette contextualisation est indispensable pour comprendre la stratégie du FN : même si le parti d’extrême droite appartient au camp du capital, il n’hésite pas à surfer sur la vague du mécontentement populaire, à reprendre la terminologie, les concepts, voire les mots d’ordre des forces progressistes et des organisations syndicales, notamment ceux de la CGT (hausse des salaires, retraites à 60 ans, etc.). À Hénin-Beaumont, le maire FN a même ressorti le buste de Jaurès qui était au placard.

 

La suite à lire dans le pdf ‘CGT programme éco FN’ ci-dessous …

CGT-programme-eco-FN