Les intolérables menaces de Marine Le Pen contre les fonctionnaires. : réponses syndicales.

Marine Le Pen, lors de son meeting à Nantes le 26 février 2017, a menacé les fonctionnaires et la Justice : « Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l’élection. Mais ses fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité… ». C’est très clairement un discours d’intimidation. Cernée par les affaires judiciaires, sa seule réponse, dans une phraséologie qui fleure bon les régimes autoritaires, est donc de mettre en cause les fonctionnaires en charge des enquêtes.C’est la remise en cause du statut de la fonction publique et de l’indépendance de la Justice,  et cela laisse présager de  ce que sera la politique du FN s’il accédait au pouvoir. Cela prouve, un fois encore, que les nouveaux habits républicains et démocrates du FN sont un leurre fait pour attraper les voix.

 

Les organisations syndicales ont immédiatement et fortement réagi comme le montrent les communiqués suivants du Syndicat de la Magistrature, de la secrétaire générale de la FSU, et de Solidaires Finances Publiques.

 

 

Justice : trêve de menaces ! 

 

Communiqué de presse du Syndicat de la magistrature en réaction aux attaques répétées contre la justice du 27 février 2017

 

Les manœuvres de déstabilisation de la justice, elles, ne connaissent pas de trêve ! La version polie parle de « retenue » ou de « pause » tandis que la version outrancière recycle, dans un discours plaqué, le « gouvernement des juges », les « cabales d’Etat » et fantasme les atteintes à la séparation des pouvoirs. Ceux qui les invoquent se croient autorisés à détourner à leur profit les principes démocratiques, non sans les dégrader sévèrement.

 

Rétifs à l’égalité devant la loi, certains membres de la classe politique prétendent se construire une immunité pénale et c’est par l’intimidation qu’ils veulent l’imposer. Que l’autorité judiciaire ose faire son travail, enquêter sur les infractions à la loi pénale qui lui ont été dénoncées, constitue pour eux un crime de lèse-candidat.

 

Au mépris affiché pour la justice viennent de s’ajouter des menaces édifiantes : après avoir refusé de se rendre à sa convocation, Marine Le Pen promet, si elle accédait au pouvoir, de demander des comptes aux policiers et aux juges en guise de représailles.

 

En démocratie, la loi est la même pour tous et l’autorité judiciaire est chargée de son application, en toute indépendance, dans le respect des règles procédurales et des droits de la défense. N’en déplaise à certains, la séparation des pouvoirs n’est pas l’impunité organisée au profit des élus et de ceux qui aspirent à l’être.

Ces attaques délétères contre la justice et la démocratie doivent cesser : il est grand temps que la retenue change de camp.

 

Retrouvez ce communiqué sur le site du Syndicat de la Magistrature

 

 

Marine Le Pen tombe le masque !

 

Tribune de Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU du 28 février 2017

 

Attaque en règle contre les fonctionnaires lors du discours de Nantes du 26 février. Les fonctionnaires qu’elle dit défendre ne sont visiblement pas en odeur de sainteté lorsqu’ils font la preuve de leur indépendance, de leur intégrité et de leur sérieux professionnel dès lors qu’ils touchent aux affaires du Front National… En effet, dans son discours à Nantes le 26 février, Madame Le Pen les a ni plus ni moins menacés : « Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l’élection. Mais ses fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité. L’État que nous voulons sera patriote ».

 

Non, Mme Le Pen, les « méthodes » définies par la loi ne sont pas « illégales ». Et donc la « responsabilité » des agents ne peut pas être engagée. Sauf à imaginer qu’une fois au pouvoir vous changiez le droit pour des arrangements particuliers en votre faveur… Voilà une belle leçon de chose sur le statut de la Fonction publique. Car c’est bien le statut des agents de la Fonction publique qui aujourd’hui protège les agents comme les usagers de telles dérives autoritaires. La protection offerte aux fonctionnaires, en contrepartie des obligations de responsabilité, d’objectivité, d’impartialité et de neutralité auxquelles ils sont soumis, est essentielle pour offrir des services de qualité, justes, en dehors de toutes pressions ou de tous lobbyings.

 

Ce discours de la représentante du Front National signifie-t-il que s’il arrivait au pouvoir, les « règles » de fonctionnement, c’est à dire la loi serait changées ? Que les fonctionnaires seraient soumis à l’arbitraire ? Qu’ils pourraient être sanctionnés s’ils continuaient à faire bien leur travail ? Cela mérite réflexion…. 

 

Retrouvez ce communiqué sur le site de la FSU

 

 

Les fonctionnaires à la botte ! 

 

Communiqué de Solidaires Finances Publiques du 28 février 2017

 

 

Dans son allocution au meeting de Nantes du 26 février 2017, Marine Le Pen, candidate pour le Front National aux présidentielles de 2017 a mis en accusation et menacé les fonctionnaires notamment ceux de la magistrature.À travers ses propos, la candidate dévoile peu à peu son véritable visage. En effet, après avoir eu un discours de façade vantant les mérites et l’utilité de fonctionnaires, le discours de Nantes éclaire un peu plus sur ses réelles ambitions pour la Fonction Publique.

 

Solidaires Finances Publiques tient à rappeler  les valeurs du statut général des fonctionnaires, héritage des valeurs et du programme du Conseil National de la Résistance, que tous les Gouvernements successifs ont appliqué depuis lors, quelle que soit leur couleur politique. Le statut est porteur de valeurs républicaines et s’avère aujourd’hui le meilleur moyen de répondre au quotidien à l’exigence d’exemplarité de la puissance publique et au respect de notre modèle de service public. Parmi ses valeurs, les principes d’égalité et d’indépendance ne sont pas négociables. Dans le cadre de leurs missions, les fonctionnaires se doivent de respecter ces principes au nom de l’égalité de traitement de l’ensemble des citoyens. C’est bien cette valeur qui doit dominer et demeurer.

 

La remise en cause par Madame Le Pen de cette valeur fondamentale, indique les ambitions du Front national pour la Fonction publique : une fonction publique qui serait à la botte d’un gouvernement dont les valeurs et les pratiques seraient éloignées des idéaux républicains et démocratiques.

 

Solidaires Finances Publiques rappelle que de part son statut, la fonction publique est au service de l’intérêt général et non de certains intérêts particuliers quels qu’ils soient. Cette charge contre les fonctionnaires démontre bien que pour Solidaires Finances Publiques, le Front national n’a aucune valeur commune avec celles de notre organisation syndicale.

 

Retrouvez ce communiqué sur le site de Solidaires