FN et Ligue du Nord : une histoire de fascistes … qui se répète !

La présidente du Front National a envoyé un message chaleureux aux participants d’un meeting des droites extrêmes et fascistes européennes organisé en Italie. Le 28 février dernier à Rome, des croix celtiques et des pancartes avec le portrait de Mussolini bras tendu agrémentaient ce rassemblement des (néo) fascistes et (néo) nazis européens. Organisé par la Ligue du Nord, le parti d’extrême droite italien dirigé par Matteo Salvini, le rassemblement regroupait CasaPound, le mouvement anti-Islam allemand Pegida, les activistes néonazis grecs d’Aube Dorée, plusieurs groupes d’identitaires français…

Et Marine Le Pen, tout en se défendant de soutenir les néo fascistes qui y participaient, a donc envoyé une vidéo de soutien ! Dans ce message vidéo, la présidente du Front National a adressé son « soutien » aux manifestants réunis à Rome pour « protester contre les politiques mortifères menées dans toute l’Europe ». Marine Le Pen a poursuivi son message en fustigeant « l’immigration massive » qui « constitue un terreau où recrutent les terroristes islamistes ».

Ainsi, l’histoire du FN la rattrape, à moins qu’elle ne l’ai jamais vraiment reniée, comme le prouve aussi le nombre particulièrement significatif de candidats FN aux élections départementales exhibant des symboles fascistes sur les réseaux sociaux. Un exemple parmi d’autres :

Malgré quelques apparences, le FN ne change pas.

A celles et ceux qui tomberaient dans le piège de l’entreprise de communication / dédiabolisation du FN, il est nécessaire de rappeler l’histoire de ce parti d’extrême droite pour montrer, exemples à l’appui, qu’elle suit toujours la même ligne.

Au moment de sa fondation en 1972, le FN se fait épauler par le MSI (Movimento Sociale Italiano), parti néofasciste bien implanté fondé en 1947. Le MSI fait, à l’époque, figure de modèle pour les partis d’extrême droite qui se structure en Europe. C’est d’ailleurs de lui que le FN naissant reprend son symbole, la flamme tricolore. Cette flamme, qui est toujours l’emblème du FN, a une signification historique précise : Elle symbolise l’âme de Benito Mussolini qui s’échappe de son cercueil pour « monter au ciel ». Alors, pourquoi le FN garde t’il cet oriflamme s’il n’est plus fasciste ?

Dans cette même veine, les liens entre les extrêmes droites Françaises et italiennes sont aussi anciens que très parlant : Sur le site ‘jeune-nation.com’ on peut trouver cette prose : « Samedi 26 avril 2014, des militants venus de tous les horizons de France sont partis de Lyon et de Nice pour la ville de Crémone où nous avons retrouvé nos amis du Parti national suisse (PNS) et de la Phalange espagnole (FE). Quatre Français ont eu l’honneur de porter avec quatre de leurs camarades italiens la croix durant la procession en l’honneur des combattants de la RSI et du Duce. »

En février 2012, lors d’une convention du FN à Lille dans le cadre des élections présidentielles, Jean-Marie Le Pen déclarait : « Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur« . Plus connue en italien (« Molti nemici, molto onore« ), cette expression n’est pas anodine puisqu’il s’agit d’un slogan qui fut utilisé par Benito Mussolini et qui est encore employé aujourd’hui par de nombreux nostalgiques du Duce. Pendant la campagne des élections municipales, Joseph Vitrani, 33 ans, colistier de la liste FN à Roanne (Loire) a publié sur son profil Facebook des photos du dictateur fasciste italien. Les dites photos légendées comme suit « Être fascite n’est pas un délit », en italien dans le texte. L’hommage, c’est à son grand-père qu’il le rend, ancien membre des chemises noires, les milices paramilitaires du Duce. Au ‘Progrès de Lyon’, il déclare être « fier de son grand-père ». Il aurait également posté une reproduction d’affiche de propagande allemande légendée « La jeunesse avec le Führer ».

Plus récemment, à l’automne 2014, Le maire Front national de Cogolin (Var), Marc-Etienne Lansade, a engagé comme chargé de communication un certain Julien Langella, longtemps cadre identitaire de la région et initiateur d’une campagne sur internet pour la réhabilitation de Benito Mussolini.Le FN se normalise, paraît-il : pourtant, les Identitaires nostalgiques du fascisme historique y restent les bienvenus, tout du moins localement.

Marine Le Pen a beau user de tous les artifices possibles et inimaginables, elle est bel et bien à la tête d’un parti qui ne renie ni son histoire d’extrême droite, ni ses fondamentaux haineux.

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