Contre les infiltrations fascistes dans les syndicats, il faut renforcer la vigilance !

VISA a récemment été alertée par des antifascistes et des syndicalistes de plusieurs infiltrations de fascistes avérés (notamment FN et Troisième Voie) dans différents syndicats.

Après une nécessaire vérification, la CGT et l’UNSA ont procédé à une saine clarification tandis que la CFE-CGC s’enferre dans un silence complice. Retours sur ces différentes affaires.

 

Un militant de Troisième Voie infiltré à l’UNSA (usine PSA de Rennes)

 

Des antifascistes de Rennes avaient repéré que le délégué syndical UNSA de l’usine PSA de Rennes, Franck Mahy, était membre actif du mouvement fasciste 3ème Voie (dissous après le meurtre du jeune syndicaliste antifasciste Clément Méric par un militant de ce groupuscule). L’UNSA a donc été alertée, par VISA, au niveau national de  cette infiltration et le secrétaire national Luc Bérille nous a déclaré que Franck Mahy n’était « plus membre de l’UNSA et ne peut donc en aucun cas s’en réclamer. »

 

Un ancien responsable FNJ 95, actuellement militant de France Action Jeunesse, infiltré à la CGT

 

Un autre cas d’infiltration nous a été signalé dans le Val d’Oise : il s’agit de Jeremy Thebault, syndiqué à la CGT de Carrefour Market à Pontoise. Cet ancien responsable FNJ 95 est passé depuis peu à un groupe local du Val d’Oise appelé France Action Jeunesse (FAJ), proche semble-t-il de l’Action Française et du Renouveau Français. Il a été récemment démasqué et selon la CGT  » a été très clairement exclu de la CGT et ce par l’ensemble des organisations concernées : Union Locale de Cergy Pontoise , l’Union Départementale 95 et la Fédération du Commerce. » 

 

Le silence assourdissant de la CFE-CGC sur deux cas d’infiltration

 

VISA s’en était déjà fait l’écho début novembre : la CGT du groupe d’interim ADECCO, dont le site (www.adecco.cgt.fr ) reprend l’ensemble de documents probants, a révélé qu’Arnaud Raffard de Brienne, délégué syndical central CFE-CGC et secrétaire adjoint du CCE, s’avère être un militant d’extrême droite actif. 

En effet, sur son blog personnel, il se répand depuis 2008 en diatribes d’extrême droite et se pose comme essayiste théorisant sur l’esclavage, la colonisation et l’immigration au travers de trois ouvrages : « désinformation autour de l’esclavage », « désinformation autour de la colonisation » et enfin « désinformation autour de l’immigration ». Il s’exprime enfin fréquemment dans « Synthèse Nationale », brûlot de l’Union de la Droite Nationale, « organisation » fédérant plusieurs groupuscules d’extrême droite. Un article de l’Humanité a également rendu publique cette affaire, mais la CFE-CGC, pourtant contactée à plusieurs reprises par VISA, n’a toujours pas daigné nous répondre.

Autre affaire gênante pour la CFE-CGC : lors de la conférence de presse du Front national de l’Essonne, datée du 28 septembre dernier, présentant les candidats aux prochaines élections municipales, le candidat du rassemblement bleu Marine/Front National pour la ville de St Germain les Arpajon est M. Pascal Voirin. Notre attention a été attirée sur la présentation faite par la secrétaire départementale du FN de M. Voirin : « responsable d’équipe et délégué syndical ». En faisant quelques recherches sur différentes sources publiques, on apprend que M. Voirin est délégué syndical central CFE-CGC et secrétaire du CHSCT de son établissement (Chilly-Mazarin) dans l’entreprise STP (filiale du groupe « La Poste »). Même silence de la part de la CFE-CGC alertée sur cette autre infiltration avérée. Or, dans le contexte politique actuel, le FN tente de sortir son épingle du jeu politique et, comme lors des élections cantonales de 2011, il cherche à mettre en avant quelques syndicalistes. VISA martèle que ce parti demeure un danger pour les salariés et pour l’ensemble du pays. Son idéologie va à l’encontre des valeurs du syndicalisme.

 

Ces différents cas avérés d’infiltrations sont révélateurs des enjeux qui se posent pour l’ensemble du mouvement syndical. La vigilance antifasciste s’impose d’autant plus et c’est pourquoi l’initiative syndicale unitaire antifasciste du 29 janvier représente une étape décisive dans notre combat contre les idées d’extrême droite.

 

VISA

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