Dans le Finistère, CFDT, CGT, FSU et Solidaires appellent à ne pas voter FN !

Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU et Solidaires du Finistère considèrent qu’il est de leur responsabilité de s’exprimer à l’occasion de cette journée internationale contre le racisme. En effet, ce n’est pas une nouveauté pour le monde syndical de se mobiliser, depuis des années, sur ce thème avec les associations et mouvements anti-racistes ; Elles marquent leur inquiétude vis-à-vis du front national et des idées populistes et d’extrême droite qui se développent en France et en Europe. Toutes les occasions doivent être saisies pour réaffirmer qu’il n’y a aucune place, ni dans nos points de vue, ni dans nos pratiques, pour le racisme, la xénophobie, l’autoritarisme, la morgue ou l’étroitesse chauvine. Mais l’histoire nous montre aussi qu’au-delà de ces traits hideux de l’extrême droite, sa force d’attraction tient surtout à sa capacité à s’emparer des problèmes sociaux pour les instrumentaliser et les mettre au service de sa stratégie. Une remarque au passage s’agissant du supposé vote ouvrier estimé dans les enquêtes d’opinion et les commentaires qui les entourent.

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Depuis plusieurs semaines, s’installe l’affirmation d’ouvriers globalement acquis au vote FN. Ce n’est pas le cas. Les enquêtes d’opinion à ce stade disent surtout que, pour l’instant, la moitié des ouvriers n’est pas décidée à voter, ce qui n’est pas du tout la même chose. Cette bataille idéologique s’illustre par cette affirmation ressassée selon laquelle le FN fédèrera naturellement, mécaniquement, le vote des mécontents ou oubliés.

L’extrême droite est parvenue ces dernières années à leurrer une partie de l’opinion avec un discours politique prenant notamment comme cible la mondialisation, l’immigration et l’insécurité : Penser que le FN a vocation à défendre le monde des salariés est un leurre. Il suffit de consulter son programme pour constater qu’il comporte bien, en effet, des dispositions contraire au monde des salariés qu’il oppose entre eux quand les syndicats sont pour le rassemblement et l’unification du salariat ; contraire au syndicalisme et au droit de grève ; contraire au principe solidaire de notre protection sociale.

Nous devons en avoir conscience et militer en conséquence. Les effets délétères des campagnes de Sarkozy sur l’immigration, la sécurité, le droit d’asile et l’identité nationale ont renforcé les peurs collectives. Nous en mesurons aujourd’hui les dégâts. Le discours du FN est une imposture et donc un déni de démocratie mais il serait cependant illusoire de penser venir à bout du problème par des postures simplement moralisantes. Ce sont les piliers du vivre ensemble que sont la laïcité, la liberté, l’égalité, la fraternité et la solidarité qui sont fragilisés par ces thèses véhiculées. La réponse à la crise du système capitaliste n’est pas l’émergence d’un pouvoir autoritaire avec une cheftaine à sa tête. Comme nous l’enseigne l’histoire, c’est illusoire et dangereux. L’alternative est l’ouverture d’un nouveau chantier démocratique qui permettra de reconstituer les solidarités en faisant reculer les contraintes imposées par les institutions financières aux citoyens et aux salariés.

Ainsi, les organisations CFDT, CGT, FSU et Solidaires appellent les salariés qui pourraient être tentés par ce vote d’extrême droite à s’en détourner car il est contraire à leurs intérêts.