Si le Front national parle à présent de « priorité nationale » au lieu de « préférence nationale » pour faire mieux passer la pilule, le but revient au même : opposer français(e)s et immigré(e)s pour instaurer un véritable régime de ségrégation raciste.
Historique de la « préférence nationale »
Depuis l’origine de ce parti, les attaques verbales, les violences et les crimes contre les étranger(e)s constituent son principal fond de commerce idéologique dans le but d’attiser les haines et distiller le poison du racisme. Il s’est ensuite approprié le thème de « préférence nationale », conceptualisé dans les années 1980 par le Club de l’Horloge (laboratoire idéologique de la « Nouvelle droite »), rapidement devenu, sous l’impulsion de Bruno Mégret, la pierre angulaire du programme politique, économique et social du FN.
En 1997, le Front national conquiert plusieurs municipalités de la région PACA, et la « préférence nationale » est alors expérimentée, en particulier à Vitrolles avec l’instauration d’une prime de naissance réservée aux familles françaises ou issues de la communauté européenne ; décision condamnée par la justice pour discrimination.
Lepénisation des esprits
En juin 1998, l’ancien premier ministre Balladur crée le scandale en ouvrant le débat sur la préférence nationale, draguant ainsi ouvertement en eaux frontistes. Depuis, la droite parlementaire ne cesse d’accentuer la stigmatisation des étranger(e)s. Et avec l’accession de Nicolas Sarkozy au pouvoir, la lepénisation des esprits augmente constamment : création du ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire ; débat nauséabond sur l’identité nationale ; projet de déchéance de nationalité ; renforcement des contrôles policiers au faciès et des expulsions (29000 en 2009) ; « rôle positif » du colonialisme ; multiplication des lois sur l’immigration… De même, en associant depuis des années immigration et insécurité, une grande partie de la classe politique a accepté d’ouvrir un boulevard pour le Front National. Et les dérapages contrôlés du ministre Guéant sur les étrangers constituent, face à la multiplication des affaires politiques impliquant le gouvernement, une diversion qui fait en partie recette …