
Né au Maroc, Eric Besson arrive en France en 1975 à l’âge de 17 ans. Il fait ses études à l’ESC Montpellier puis à l’IEP Paris. Il échoue à l’entrée de l’ENA en 1982 et rejoint alors Renault. Maire de Donzère (Drôme) depuis 1995, il est député de la deuxième circonscription de la Drôme de 1997 à 2007 (sous l’étiquette du PS jusqu’au 21 février 2007, sans étiquette par la suite).
Après avoir été, depuis le 18 mai 2007, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques, l’ancien socialiste vient d’être nommé à la tête du ministère honteux, celui de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire.
Le « traître« , comme aiment à le nommer ses anciens camarades du PS, s’avoue « sans état d’âme« . Il est évident qu’ Éric Besson a vraiment changé de camp. « La question de l’identité nationale n’est pas une honte, c’est d’abord l’identité républicaine, c’est l’histoire de citoyens« , se défend le quinqua. « Quand je regarde l’action de Sarkozy, il m’arrive de me féliciter que ce soit lui le président. »
Pourtant, dans le premier ouvrage qu’Eric Besson a coordonné pour le parti socialiste, L’inquiétante « rupture tranquille » de Monsieur Sarkozy, il demandait : « La France est-elle prête à voter en 2007 pour un néo-conservateur américain à passeport français ? ». Dans ce livre, il condamnait la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy : « En supprimant ou en restreignant fortement les principaux dispositifs de régularisation, Nicolas Sarkozy se prive des outils permettant une régularisation au fil de l’eau et évitant ainsi les régularisations de masse. En d’autres termes, Nicolas Sarkozy fabrique des sans-papiers, lui qui prétend lutter contre l’immigration clandestine ! » « La loi du 26 novembre 2003 avait deux objectifs selon le ministre de l’intérieur: « réformer la double peine » et « mettre un frein à la dérive des flux d’immigration créée par la loi Chevènement de 1998 » en dotant l’État de « véritables outils de lutte contre l’immigration clandestine »». « On peut aujourd’hui mesurer l’échec de chacune de ces deux ambitions ».
Mais depuis, Éric Besson s’est totalement fondu dans le moule gouvernemental. Le paria du PS dit aujourd’hui l’inverse sur la politique du chef de l’État : «La France ne lutte pas contre l’immigration tout court, elle lutte contre l’immigration clandestine».
Sur des sujets cruciaux, il déclare maintenant : Les tests ADN pour les candidats au regroupement familial ? « Cela ne me plaît pas, mais cela ne m’indigne pas« , affirme Besson, toujours dans la demi-mesure mais celle-ci cache mal sa profonde détermination. « Est-ce qu’au fond mon engagement est dans un cycle court ou long ? J’ai choisi le long« , affirme-t-il. Il ajoute même que s’il faut avoir «un peu de sensibilité et d’humanité» pour mener à bien cette mission, il ne ferait preuve d’«aucun laxisme» dans la lutte contre l’immigration illégale.
En réaction à la nomination d’Eric Besson au ministère de l’immigration et de l’identité nationale, Jean-Marie Le Pen a estimé que c’était « l’honneur du Front national d’avoir été le plus lucide en dénonçant le phénomène de l’immigration et le laxisme avec lequel il a été géré« . Il a aussi précisé que le chef de l’Etat n’avait absolument pas atteint ses objectifs et que le remplacement de Brice Hortefeux par Eric Besson ne risquait pas d’améliorer la situation.
Nous voilà donc avec un ministre de l’immigration arrivé à ses fins de pouvoir, aux idées troubles et fluctuantes, mis sous pression par l’extrême droite et toujours prêt à plaire au président : il possède vraiment tous les ingrédients pour banaliser et renforcer encore la chasse aux immigrés.
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