Buffalo Grill : « Première victoire » ou demi succès ?

D’après AFP

Vingt sans-papiers salariés et ex-salariés de Buffalo Grill vont être régularisés, a annoncé la CGT au terme d’une réunion de négociations à la préfecture de l’Essonne, estimant qu’il s’agissait là d’une « première victoire ».

Plusieurs dizaines de sans-papiers licenciés, démissionnaires ou en grève de Buffalo Grill ont occupé pendant près d’un mois le parking d’un restaurant de l’enseigne à Viry-Chatillon (Essonne), avant d’en être expulsés par la police. Ils avaient occupé quotidiennement le restaurant pendant dix jours.

Dans un texte commun de « sortie de crise« , Buffalo Grill et la CGT annoncent que de nouveaux contrats de travail, prenant compte « à titre exceptionnel » de leur ancienneté dans l’entreprise, leur seront proposés. L’enseigne a par ailleurs décidé, « sur proposition de l’administration« , de verser à l’Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) une somme participant à l’aide au retour dans leurs pays d’origine de ses anciens salariés non régularisés.

Dans ce même texte, la CGT de l’Essonne « animée par la défense des intérêts des employés sans-papiers (…) admet que les accusations portées contre Buffalo Grill sont en l’état infondées, prend acte de la position de la société » et relève que celle-ci a « permis l’aboutissement d’une solution favorable aux personnes concernées par le conflit« . Lors d’une conférence de presse jeudi, Raymond Chauveau, de la CGT, a expliqué que Buffalo Grill et son actionnaire Colony Capital, avaient mis un « veto définitif » sur la réembauche de 12 sans-papiers qui avaient tenu dans la presse des propos que l’enseigne a estimé « diffamatoires« .

Le préfet de l’Essonne Gérard Moisselin a déclaré à l’AFP que le choix s’était effectué « sur critères« , parmi lesquels figurait l’intention de réembauche de l’entreprise. Issa Camara, 40 ans, fait partie de ces sans-papiers déclarés personna non grata. « Ceux qui ont été régularisés aujourd’hui sont contents, il y a un côté positif, ça vaut mieux que rien« , explique-t-il. « Tout ce que nous avons dit, c’est la réalité« , a-t-il déclaré, ne regrettant pas d’avoir parlé aux médias. « Il le fallait obligatoirement« , dit-il. « Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seule seconde« , a déclaré Saloum Cissokho, licencié en février du Buffalo Grill d’Orgeval (Yvelines). Demba Sidibé, qui s’était également exprimé dans la presse, fait quant à lui partie de ceux qui seront régularisés. Il se déclare « soulagé, mais amer pour les copains« . « De toute façon, on ne va pas les laisser tomber, on va les soutenir jusqu’au bout« , dit-il.

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