53ème congrès de la CGT : orientation sur la lutte contre l’extrême droite

Les élections politiques en France, en Europe et dans le monde montrent le poids de l’extrême droite dans les urnes et dans les têtes de nombreux citoyens, y compris dans celles de nombreux travailleurs·ses. Les crises générées par le capitalisme participent à la montée d’un néofascisme aux multiples facettes et toujours aussi dangereux. Des boucs émissaires sont désignés. Les moyens contemporains de manipulation de masse font des dégâts. La haine, la division et la violence sont à la fois les méthodes et le programme de l’extrême droite. Chaque fois que l’extrême droite accède au pouvoir dans un pays, elle fait reculer les droits et les libertés, notamment syndicales.

C’est le cas en France, au niveau local notamment avec le Rassemblement national (il met en place des politiques discriminatoires, un racisme institutionalisé reposant, par exemple, sur les concepts abjects de « grand remplacement » et de priorité nationale). Mais il n’y a pas que l’extrême droite à l’origine de ces reculs, nos gouvernants actuels mènent aussi des politiques d’exclusion sur les droits et libertés. Ne nous y trompons pas.

De part son histoire et ses convictions, la CGT ne partage aucune des valeurs de l’extrême droite, dont celles du Rassemblement national. Dans les instances représentatives des salarié·es, la CGT s’oppose et s’opposera systématiquement et méthodiquement à toutes les tentatives de normalisation. Le combat contre les idées d’extrême droite, dont le RN, se gagnera par la pédagogie et la formation des salarié·es. Ce sont des usurpateurs qui pratiquent l’imposture sociale.

Le monde du travail ne doit pas être dupe : en France, les nombreux députés RN votent contre l’augmentation des salaires et des pensions. Ils votent le recul du pouvoir d’achat avec la majorité présidentielle. Ils s’abstiennent pour laisser la majorité détruire les régimes pionniers en se faisant fort de ne pas l’avoir voté. La CGT refuse de dialoguer avec les élu·es d’extrême droite à tous les niveaux et le fera savoir à chaque occasion par la lecture d’une déclaration.

Non seulement nous ne banalisons pas le néo-fascisme, mais nous prenons part à la lutte idéologique par tous nos moyens de communication, par la bataille culturelle, par la formation syndicale et l’éducation populaire. Nos publications CGT et unitaires contre l’extrême droite, dont le RN, doivent être systématiquement diffusées dans toutes nos organisations. Nos journées d’étude doivent être programmées par toutes les organisations de la CGT et nos formations syndicales, dédiées à ce combat, beaucoup plus organisées au sein de toute la CGT.

Le travail de l’association VISA participe de ce combat.

Nous devons refuser la présence de représentant.es de l’extrême droite ou de leurs symboles dans nos manifestations. De même, nous refusons de voir nos couleurs, nos symboles mêlés à ceux de l’extrême droite. Une vigilance sur ce sujet doit être portée lors de la syndicalisation comme lors de nos ventes de matériels syndicaux lors de nos différentes initiatives.

Chaque fois que l’extrême droite arrive au pouvoir dans un pays, c’est que ses idées ont pénétré toutes les couches de la société, y compris le salariat. La progression actuelle des idées réactionnaires oblige la CGT à redevenir un syndicat de masse et une force d’influence sur le salariat capable d’être un rempart face à l’extrême droite. Par conséquent, toutes les organisations de la CGT, en premier lieu les syndicats, doivent débattre des stratégies à mettre en œuvre afin de contrer la propagation des idées d’extrême droite dans la CGT, dans le monde du travail, dans la société.