La CFDT-Interco dénonce les manquements du Service Public en matière d’immigration

CFDT Magazine a choisi, dans son édition de mai, de donner un coup de projecteur sur les professionnels du service public en charge d’appliquer la politique de l’immigration. Dans un article titré  » politiques d’immigration, de l’autre côté du guichet « , La CFDT-interco a donné la parole à ses militants et enquêté sur leurs conditions de travail au quotidien. Ce choix d’aborder la question de l’immigration sous l’angle professionnel permet de mieux cerner la réalité professionnelle des salariés concernés, de pointer les insuffisances de formations et de dénoncer les conditions d’accueil des étrangers.

L’article revient par ailleurs sur la création éventuelle d’un ministère appelé « immigration et identité nationale » et précise la position de la CFDT. Selon Jean Louis Malys, Secrétaire national confédéral : « Il s’agit d’un amalgame avec, vraisemblablement, des intentions douteuses ! S’il y a une identité nationale, celle-ci dépasse l’origine des personnes […] Le rapprochement des deux termes est réducteur et n’est pas dans la tradition républicaine française. Je n’aime pas ce slogan : ’ la France, tu l’aimes ou tu la quittes ’. Qu’est-ce que cela veut dire ? On peut aimer son pays et ne pas aimer certains de ses travers« 

Dans ce même numéro de CFDT Magazine, l’historien Benjamin Stora évoque également cette notion d’identité nationale : « c’est […] le ’ vivre ensemble’ qui concourt à construire l’identité nationale. Or, la socialisation politique et sociale française est en crise : l’école, la justice, la ville … ce n’est pas par l’identité nationale que l’on va résoudre cette crise, mais en donnant des moyens aux institutions pour mieux fonctionner. Les partis et les syndicats ont été, par exemple, des facteurs très puissants d’intégration. L’immigration successive (polonaise, italienne, espagnole) s’est intégrée en partie à travers le monde ouvrier et le syndicalisme« . Il ajoute, en guise de conclusion « Je pense que on doit pouvoir construire une société où l’individu peut être attaché à ses origines et ses racines tout en s’identifiant aux valeurs de la République, reconnaître le lien des origines et celui des valeurs communes. Il s’agit de tenir deux histoires en même temps. Je crois cela possible« .

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