Dans l’extrême droite ligne de son histoire, le FN interdit à Médiapart et au ‘Petit Journal’ de C+ d’assister à son Congrès. Selon un article du Point publié le 24 novembre 2014, le FN a interdit à ces deux médias de venir couvrir son congrès à Lyon samedi 29 et dimanche 30 novembre. Mediapart a transmis à l’AFP un mail par lequel le FN refuse d’accréditer la journaliste qui couvre son parti pour ce site d’information en ligne : « Nous ne pouvons donner suite à votre demande d’accréditation au congrès du Front national en raison du grand nombre de journalistes et photographes pour des raisons de sécurité« , est-il affirmé. Une source au FN a confirmé que Mediapart n’était pas accrédité. « Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde« , a-t-on assuré, en précisant que l’accréditation avait aussi été refusée au ‘Petit Journal’.
Ce n’est pas la première fois que le parti frontiste recourt à la censure pour empêcher certains journalistes de faire librement leur travail. En septembre 2014, une journaliste de Mediapart avait pu accéder normalement à l’université d’été des jeunes FN à Fréjus dans un premier temps, avant de s’en voir refuser l’accès quelques heures plus tard. Plusieurs journalistes avaient alors décidé de ne pas suivre les travaux de l’après-midi …
François Bonnet, l’un des cofondateurs du site a déclaré à l’AFP « par nos enquêtes, tant sur les liens de Marine Le Pen avec les ultras de l’extrême droite qu’avec nos révélations sur le financement du FN par une banque russe, on vient gêner la grande entreprise de communication de Marine Le Pen« . « Marine Le Pen n’a toujours pas compris qu’en démocratie une presse est libre et doit être autorisée à couvrir les partis avec les choix éditoriaux des médias et non les siens« , a-t-il poursuivi, regrettant que l’accès de Mediapart à des rendez-vous FN ait été refusé « trois fois en un an« .
VISA n’est absolument pas surprise de cette nouvelle entrave aux libertés imposée par le FN. Elle s’additionne à une liste déjà longue où se mêlent intimidations, menaces, agressions physiques à l’encontre de journalistes
Ainsi, de 1990 à 1996, quinze agressions ont été dirigées contre des journalistes rendant compte des activités du Front national et commises par des individus – identifiés ou non – se réclamant de cette formation. Six d’entre elles ont donné lieu à l’intervention d’un médecin et à la prescription d’un arrêt de travail : 9 blessure avec arrêt de travail, 5 blessure sans arrêt de travail. Un attentat, celui contre les locaux de Radio Nova, a été perpétré contre une entreprise de presse. S’il n’a pas été revendiqué, cet attentat a néanmoins été commis entre deux diffusions d’une émission relative au Fnl et après des menaces anonymes visant les journalistes en charge de celle-ci. La station a porté plainte et l’enquête suit son cours.
« Quand tu rencontres un journaliste gifle-le ! Si tu ne sais pas pourquoi, lui le sait ! «
En novembre 1992, lors de la fête annuelle des « Bleu-Blanc-Rouge » organisée au Bourget, un autocollant est distribué gratuitement. Sur un fond jaune est écrit en lettres noires « Quand tu rencontres un journaliste gifle-le ! Si tu ne sais pas pourquoi, lui le sait ! « . Cette année là, un journaliste de TF1 a été frappé à la nuque et a dû être hospitalisé.
Plus récemment, en pleine campagne des municipales 2014, le compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, a envoyé un SMS terrible à une journaliste de l’Indépendant : « Je viens de signifier à cette pute de Michalac que dimanche je ne me déplacerai pas dans sa boutique. Elle courra derrière l’info ». Si l’erreur de destinataire est flagrante, ces propos révèlent néanmoins très bien l’extrême droite ligne de pensée du FN. Décidemment, il n’y a guère que quelques apparences qui aient changé au fil du temps …
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